Accueil Actualités AOC Costières de Nîmes : L’atout jeunesse

AOC Costières de Nîmes : L’atout jeunesse

Isabel Gassier, Tanguy Castillon, Mathieu Dupret Aurélie Pujol, directrice et Cyril Marès président du syndicat @MPDelpeuch

Auteur

Marie-Pierre
Delpeuch

Date

14.10.2026

Partager

Alors que les dirigeants de l’AOC Costières de Nîmes révèlent les premières tendances du millésime 2026, ils se félicitent des perspectives d’avenir portées par la nouvelle génération. Les jeunes vignerons s’approprient l’appellation, la font évoluer individuellement tout en revendiquant un esprit collectif.

L'appellation Costières de Nîmes mène de front plusieurs chantiers car l’ODG et les vignerons font face à plusieurs défis, qu’ils soient climatiques ou économiques. Ainsi, ils ont défini quatre priorités : s’adapter, valoriser, défendre, faire rayonner. Entre adaptation du vignoble, évolution des pratiques, diversification de l'offre et recherche de nouveaux débouchés, le collectif mène sa feuille de route tambour battant. Les jeunes vignerons, plus que concernés, participent à cette mobilisation. 

Photo de famille

L’ODG a lancé une enquête sur le renouvellement des générations. Parmi le tiers des répondants, 85 % sont issus du cadre familial et ils sont 41 % à avoir engagé ou envisagé une transmission. La nouvelle génération de vignerons a visiblement l’intention de poursuivre l’héritage, mais aussi de faire évoluer le vignoble et ses pratiques. Si une nette majorité songe à diminuer les surfaces viticoles, la diversification agricole ou l’implantation de nouvelles variétés augurent leur futur paysage. L’œnotourisme est également en première ligne d’une stratégie qui cumule adaptation, pragmatisme et ambition.

Biodiversité et certifications en hausse

Ainsi, l’adaptation des pratiques, l’expérimentation de cépages d’intérêt à fin d’adaptation (VIFA), la préservation de la biodiversité et la résilience du vignoble sont des sujets saisis par les jeunes vignerons et vigneronnes. Deux exemples parmi d’autres, Isabel Gassier (Château de Nages et Domaine Gassier) et Tanguy Castillon (Château Ermite d’Auzan) qui s’engagent dans l’agriculture régénérative pour l’une et les expérimentations, à l’échelle nationale en biodynamie, pour le second.

Un mouvement de fond puisque, en l’espace de dix ans, la viticulture conventionnelle ne représente plus que 12 % au profit des certifications AB (23%), biodynamie (12%) et HVE (53%). Dans ce laps de temps, la part des volumes issus de productions conventionnelles est donc passée de 85 % à 10 %, tandis que les productions labellisées représentent désormais près de 90 % des volumes récoltés. Une mutation qui s’effectue dans une bonne intelligence intergénérationnelle comme le souligne Mathieu Dupret (Domaine du Vistre).

Diversification face aux marchés

L’offre de l’AOC Costières de Nîmes se diversifie. Si le rosé reste la première couleur, le rouge représente aujourd’hui 43 % des sorties de chais et le blanc atteint désormais 10 %, contre 6 % il y a dix ans. « Une évolution qui témoigne de la capacité des Costières de Nîmes à élargir leur expression et à répondre à de nouveaux usages et marchés », souligne Aurélie Pujol, la directrice de l’ODG. Isabel Gassier s’inscrit dans ce contexte, avec 40 % de blanc produit.

À la rencontre des publics

L’AOC Costières de Nîmes a de beaux atouts en matière de gastronomie et d’œnotourisme. Outre son espace « Le verre des Costières » au coeur de la ville, son calendrier festif et événementiel sont autant de leviers pour faire découvrir l’appellation de différentes manières. Lors de Vignes Toquées, JeuDivin ou de la Bodéga des Costières, les jeunes sont en première ligne, côté consommateurs et côté producteurs. 

On l’aura compris, reprendre une exploitation ne signifie plus nécessairement une reproduction à l’identique. Avec des parcours et des expériences différentes, les jeunes vignerons se réapproprient leur appellation et la façonnent à leur image.