L’organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), qui siège actuellement à Paris, cherche de nouveaux locaux. Alors que Bordeaux et Reims ont déjà officialisé leur candidature, la capitale bourguignonne emboîte le pas, avec de précieux alliés à ses côtés.

Où siégera l’ONU du vin ? Victime de la pression foncière dans son 8e arrondissement parisien, l’organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) pourrait bien trouver son bonheur dans un grand vignoble français. Alors que Bordeaux et Reims ont déjà plaidé publiquement pour leur cause, souvent par voie de presse, la ville de Dijon restait jusqu’ici relativement discrète.

Avec le soutien de la Romanée-Conti

Ce n’est plus le cas depuis ce mardi 15 juin. Face à la presse, le maire de Dijon François Rebsamen a tenu a présenter sa candidature sous son meilleur jour. « Notre dossier est, je crois, le meilleur », a annoncé d’emblée l’ancien ministre de François Hollande, qui met à disposition l’hôtel Bouchu d’Esterno, monument historique situé non loin de la cité internationale de la gastronomie et du vin. L’édile a bénéficié du soutien d’Aubert de Villaine, co-hériter et co-gérant de la Romanée-Conti. « En tant que vigneron, je pense que cette candidature est idéale. L’écrin ne peut être meilleur. La ville de Dijon est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, comme le vignoble voisin, qui est un modèle pour la viticulture de terroir. »

Un dossier politique

Autre allié majeur de la capitale bourguignonne : Gilles de Larouzière, dirigeant des maisons Henriot (Reims) et Bouchard Père et Fils (Beaune). Son choix est délicat, mais assumé. « Dans mon cœur, j’ai deux ventricules. Un en Champagne, et un en Bourgogne. Il était difficile de soutenir la candidature de Dijon, mais le dossier est excellent. »

Si la ville de Dijon travaillait sur ce dossier « dès décembre 2020 », elle a souhaité l’officialiser aujourd’hui afin de clarifier sa position. « J’ai vu un article qui dit que ce serait un choix politique. Je voulais donc dire ici la qualité de notre candidature », a insisté François Rebsamen, souhaitant couper court aux rumeurs de favoritisme. Car dans ce dossier, c’est l’État français qui aura le dernier mot : l’Hexagone accueille l’organisation et prend en charge son loyer en vertu d’un traité international. Réponse attendue le 12 juillet.

L’OIV, au sommet du monde viticole
Créée en 1924, l’organisation internationale de la vigne et du vin représente 48 états, pour 85 % de la production mondiale. La coopération scientifique, la veille économique et l’harmonisation des normes œnologiques font partie de ses missions.

Sur la photo, de gauche à droite :
Gilles de Larouzière, président de la maison Bouchard Père et Fils (Beaune) et président de l’association « Les Climats du Vignoble de Bourgogne ».
Vincent Thomas, président de l’Université de Bourgogne.
Patrick Ayache, vice-président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, en charge de l’action européenne et internationale, du contrat de plan, de l’attractivité, du tourisme et de l’export.
Jocelyne Pérard, professeure émérite de climatologie et responsable de la chaire Unesco « Culture et traditions du vin » de l’université de Bourgogne-Franche-Comté.
François Rebsamen, maire de Dijon et président de Dijon métropole.
Sladana Zivkovic, adjointe au maire de Dijon, en charge des relations internationales, tourisme et congrès et vice-présidente de Dijon métropole.
François Labet, président du Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne.
Aubert de Villaine, co-propriétaire du Domaine de la Romanée Conti et Président d’honneur de l’association « Les Climats du Vignoble de Bourgogne ».