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Bernard Magrez célèbre les 770 ans du château Pape Clément

©Bertrand Rindoff Bestimage

Auteur

Jean-Michel
Brouard

Date

29.11.2022

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Pour fêter dignement cet anniversaire unique, Bernard Magrez a convié, lors d’un déjeuner Chez Yannick Alléno au Pavillon Ledoyen à Paris, journalistes, amateurs et célébrités qui ont pu s’imprégner de toute la magie de ce grand château bordelais.

Fêter une décennie qui passe, c’est toujours un événement. Se réunir pour marquer le tournant d’un siècle d’histoire, c’est exceptionnel. Alors quel qualificatif utiliser lorsqu’il s’agit de célébrer un 770ème anniversaire ? Unique, mémorable, phénoménal, étourdissant… Rares sont les propriétés dans le monde qui peuvent se targuer d’avoir eu une activité continue depuis le XIIIème siècle, en l’occurrence depuis 1252. Car c’est bien cette année là que furent cultivées les premières vignes « dont on connaît même les parcelles », explique Bernard Magrez. Un vignoble développé par la famille Goth et qui connaîtra rapidement une très grande renommée grâce à Bertrand de Goth qui le recevra de sa famille. Archevêque de Bordeaux, celui qui deviendra pape en 1305 sous le nom de Clément V renommera ainsi sa propriété « Pape Clément ». Ce dernier fut très attaché à ses vignes, y développant de nouvelles techniques culturales pour l’époque, et venant même passer l’une de ses convalescences en son domaine. A sa mort, il léguera son bien à l’archevêché de Bordeaux qui en assurera la gestion jusqu’à sa confiscation à la Révolution française. Pendant les deux siècles suivants, le château connaîtra des heures parfois difficiles, mais inspirera ses propriétaires successifs qui mettront toute leur énergie à lui redonner ses lettres de noblesse, à commencer par Bernard Magrez qui l’a repositionné parmi l’élite des grands vins de Bordeaux depuis qu’il l’a racheté en 1985.

Des célébrités en chair et en bois

Parmi les invités présents lors de cet anniversaire, quelques têtes bien connues du grand public, toutes amatrices de bons vins. Patrick Bruel, François Berléand et Stéphane de Groodt étaient présents aux côtés d’un excellent compteur, l’historien Fabrice d’Almeida. Ce dernier n’a pas manqué de rappeler l’importance de ces vignes pour Bertrand de Goth qui pouvait ainsi disposer d’un bon vin de messe et plus généralement d’un « produit de luxe […] qui permettait de pouvoir accueillir dignement des invités de marque ». Autre compteur, Christian Morin de Radio Classique, a introduit le quatuor exceptionnel qui avait été convié pour l’occasion. 4 musiciens de grande qualité jouant sur les instruments achetés par le château pape Clément pour porter des actions de mécénat culturel auprès d’artistes. Les autres stars étaient bien là, de bois cette fois-ci. Un Stradivarius de 1713 confié à Nicolas Dautricourt, un alto Cassini de 1660 confié à Lise Berthaud, un second violon Nicolas Lupot de 1795 confié habituellement à Guillaume Chilemme (remplacé pour l’occasion par Cécile Agator qui jouait sur son propre violon) et un Violoncelle Fernand Gagliano confié à François Salque. Un ensemble de chambre à la hauteur de l’importance du moment et qui a interprété la méditation de Thaïs de Massenet, le quatuor américain de Dvorak ainsi la pièce Oblivion de Piazzolla. Une vibration unique qui faisait un écho merveilleux aux vins qui étaient proposés à la dégustation. 7 millésimes de Pape Clément rouge, du puissant 2020 au 2009 à peine évolué et encore promis à un long avenir, tous les vins ont montré une grande densité, avec une mention spéciale pour le 2016 d’un belle rondeur équilibrée. Les Pape Clément blancs, 2015 et 2017, ont également démontré tout le potentiel de ce terroir de Graves à produire de très beaux sauvignons blancs et sémillons. En somme, un moment de grâce, simple jalon dans une histoire pluri-séculaire d’un vin devenu, au fil du temps, un symbole de la pérennité du Bordelais à travers les âges.