(photo F. Hermine)
(photo F. Hermine)

Ils sont 9 mousquetaires prêts à en découdre avec les a priori des consommateurs et à monter “à la capitale” (et ailleurs) pour faire connaître leurs appellations, les quatre AOC satellites de Saint-Émilion.

Si tout consommateur de vins connaît Saint-Émilion, classement Unesco oblige au cas ou ça n’aurait pas déjà été le cas, seuls quelques amateurs un peu plus avertis ont déjà goûté les appellations dites satellites, c’est à dire les quatre AOC voisines comportant Saint-Émilion dans leur nom : Lussac Saint-Émilion, Montagne Saint-Émilion, Puisseguin Saint-Émilion et Saint-Georges Saint-Émilion. Neuf mousquetaires* se sont donc regroupés dans une association baptisée les Saint Elites pour se faire connaître et reconnaître. “Il est souvent compliqué d’être dégusté par la presse, les sommeliers ou les cavistes quand on est .juste un satellite, reconnait Jacques Rambeaud (Clos Albertus). D’autant que les productions des quatre appellations sont très hétérogènes (environ 300 opérateurs au total).

D’un côté nous avons la chance d’avoir Saint-Émilion dans notre nom, de l’autre, nous nous sommes juste dans l’ombre de la grande appellation et en quête de visibilité et de reconnaissance en faisant connaître nos différences”. Montagne affiche le plus grand nombre de producteurs et sans doute la meilleure notoriété, Lussac la plus grande superficie, Puisseguin le plus grand nombre de coopérateurs et Saint-Georges la plus belle réputation de par la rareté de la production.

Échanges et quête de reconnaissance

Les 9 compères vignerons, tous en propriétés familiales, se sont donc rejoints sur une même dynamique et une même obsession de la qualité tout en disposant de volumes. “Nous sommes néanmoins des artisans avec en commun une démarche sincère et qualitative qui peut susciter l’intérêt des prescripteurs souvent rassures par une démarche collective” précise Olivia le Calvez du Château Clarisse. “Il ne s’agit pas de communiquer sur des vins de garage -la moyenne de nos propriétés avoisinent les 20 ha- mais de faire connaître des cuvées qualitatives à volumes, commenté Julien Richard (Château Tour Bayard) car même si nous dégustons les vins des uns et des autres à l’aveugle, nous connaissons tous le travail des autres membres du groupe, a la vigne ou en cave, avec l’obsession de tirer le meilleur de nos sols”.

Trois châteaux sont en bio ou en conversion (Guibot, La Mauriane, Clarisse) mais tous en culture très raisonnée avec des vignes enherbées et utilisant les principes du calendrier lunaire pour la taille, les plantations ou l’embouteillage, . Les assemblages et les profils des vins peuvent être très différents mais avec la fraîcheur et l’équilibre comme fil rouge. L’élevage pour la plupart est bien maîtrisé et en tout cas bien encadré puis que Jean-Luc Sylvain, propriétaire de La Rose Perrière, également tonnelier, fait partie du groupe et partage les expériences de son labo en la matière avec ses camarades des Saint’Elites.

L’association se veut d’ailleurs plateforme d’échanges. Ils pourraient presque communiquer par signaux de fumée car à vol d’oiseau, les domaines pour la plupart sur des points surélevés, peuvent quasiment tous s’apercevoir. “Quand l’un d’entre nous teste des vins sans soufre, du malbec dans ses assemblages ou replante des cabernets plus intéressants dans la perspective du réchauffement climatique, on en parle entre nous” insiste Jacques Rombeaud. 99% de la production des 9 domaines sortent en bouteilles; elles sont déjà parmi les mieux valorisées des appellations (10-15€ en moyenne) “ce qui permet de maîtriser l’image et nos vins de A à Z car nous sommes techniciens, commerciaux et communicants” complète Julien Richard. Les Saint’Elites vont donc faire parler d’eux, qu’on se le dise… et qu’on les goûte.

* En Saint Georges-Saint-Émilion, Clos Albertus ; en Montagne Saint-Émilion, Tour Bayard et Vieux Bonneau ; en Puisseguin Saint-Émilion, La Mauriane, Châteaux Clarisse, Guibot et de Môle ; en Lussac Saint-Émilion Bel Air et La Rose Perrière.