(photo M. Boudot)
(photo M. Boudot)

Ancienne danseuse classique, Aurore Casanova a changé de carrière – et de vie – pour créer, en 2014, une marque de champagne à son nom. Rencontre avec une néo-vigneronne qui fait virevolter Bordeaux Tasting.

Dans l’ancienne église devenue Espace Saint-Rémi, jusqu’à demain soir, les amateurs de bulles pourront découvrir un large éventail de champagnes de maisons et de vignerons. Parmi ces derniers, une jeune femme au sourire communicatif du nom d’Aurore Casanova fait goûter les deux cuvées de la maison qui porte son nom. Aurore fait partie de ces “belles histoires” de reconversion comme on aime en trouver dans le monde du vin. Cette ancienne danseuse classique, qui a fait ses débuts à l’opéra de… Bordeaux et s’est produite pendant dix ans de Bangkok à San Francisco, en passant par Rome et Copenhague, a décidé en 2011 de raccrocher les chaussons pour empoigner les sécateurs.

En 2013, Aurore se penche sur l’hectare et demi de vignes loué par sa mère en Champagne, plus précisément à Puisieux, “un des 17 grands crus que personne ne connaît”, dit-elle en riant. Prise de passion pour la vigne, elle entame une formation de deux ans pour se reconvertir, reprend l’exploitation en 2013 et décide, l’année suivante, de lancer sa propre marque, qui portera son nom. Casanova, il faut dire que ça sonne bien : séduction, sensualité, mystère, tout est en germe pour susciter la curiosité. Reste à découvrir ce qu’il y a en bouteille. A ce jour, Aurore signe deux cuvées, présentées à Bordeaux Tasting : Aurore en blanc, 55% chardonnay, 45% pinot noir et meunier, 20% de vin de réserve, un champagne qui se veut délicat, crémeux et séduisant ; Rose en rosé, 50% chardonnay, 35% pinot noir, 15% pinot meunier, auxquels on ajoute du vin rouge vinifié en fûts de chêne, un champagne fruité et exotique, entre fraise et cannelle.

Depuis qu’elle a repris le domaine en main, Aurore a stoppé herbicides et pesticides, s’est orientée vers des pratiques en biodynamie, sans pour autant faire le choix de la certification. Plus que jamais décidée à “exprimer le meilleur des terroirs de Puisieux”, elle bichonne actuellement une cuvée issue à 100% du grand cru, qu’elle travaille en levures indigènes. Sortie prévue en 2019… En attendant, elle va agrandir son périmètre de travail en récupérant la gestion de 2 hectares auprès d’un de ses oncles, ce qui fera passer son vignoble à 3,5 hectares. Ses bulles n’ont pas fini de nous faire danser.