Depuis leur reconnaissance en tant qu’AOC en 1961, les Hautes-Côtes de Beaune et Hautes Côtes de Nuits sont les alter ego « accessibles » des Côtes de Beaune et de Nuits et de leurs grands crus. Un vignoble incontournable en Bourgogne, et qui devrait le rester.

La fameuse « Côte » qui court des Maranges à Dijon, en passant par Meursault, Chambolle et Gevrey, est devenue ces dernières années la terre viticole la plus cotée au monde. Mais après avoir gravi cette bande de terres viticoles par l’ouest, c’est un autre monde, plus discret, qui s’offre aux amoureux du pinot noir et du chardonnay : les Hautes-Côtes de Beaune et de Nuits. La présence de vignes hautes et large, typique de l’appellation, indique que l’on vient de passer la frontière.

Avec près de 1700 hectares, c’est un joli terrain de jeu à l’échelle de la Bourgogne (30 000 hectares). Et qui ne manque pas d’intérêt pour les amateurs. « On dit souvent qu’on est une appellation accessible », résume Nicolas Thevenot, président du syndicat des Hautes-Côtes, qui rassemble les deux appellations. « C’est l’une des rares zones du département ou des viticulteurs peuvent encore s’installer hors reprise familiale. Ici, le prix du foncier est encore lié à la réalité économique. Et les consommateurs y trouvent des prix plus abordables que sur la Côte. »

« Le réchauffement climatique joue en notre faveur »

En clair, on déniche sans problème de jolis flacons à moins de 15€ sur ce territoire plus rural et plus reposant que la terre des grands crus. Et plus frais, surtout. « On oscille entre 350 et 450 m d’altitude, soit 100 mètres de plus qu’à Beaune ou Nuits-Saint-Georges. Cela fait perdre 1 degré de moyenne, et ça change tout : on vendangera fin septembre, alors que sur la Côte on commence déjà. » À la clé, des pinots noirs et des chardonnays réputés pour être frais et digestes.

Trop, diront les mauvaises langues ? « On a pu avoir des maturités difficiles il y a quelques décennies, mais ce n’est évidemment plus le cas avec le climat actuel, avec des étés chauds de plus en plus fréquents. On a de beaux équilibres en 2018, 2019 et 2020 par exemple. Le réchauffement climatique joue clairement en notre faveur. » Les 165 maisons et domaines du territoire en feront la démonstration en juillet 2022, lors d’un événement dédié, avec dégustations et animations.

Quelques coups de cœur :

Chapuis & Chapuis, Hautes Côtes de Beaune blanc 2019, 17 à 19€. Un chardonnay « nature » qui comprend environ 15 % de pinot blanc, cépage désormais rare en Bourgogne, apportant ici de la complexité aromatique. La bouche est gourmande et rafraîchissante, sur les fruits d’automne et les agrumes, avec quelques notes florales et une belle finale minérale, traduisant son terroir.

Domaine Joannet, Hautes Côtes de Nuits rouge 2019, environ 12€ L’aromatique est intense et précise, sur des fruits rouges frais. Il y a de la chair dans ce vin qui garde pourtant une belle vivacité, avec une fine présence tannique en finale. Un modèle d’équilibre pour un pinot noir de Bourgogne.

Exemple dans la zone de Volnay et Pommard. En orange, les 1ers crus. En jaune, les appellations village. En bleu marine, les Hautes Côtes de Beaune. (Crédit BIVB)