Le champagne Devaux annonce une première cuvée Bio prévue pour septembre ! Une belle réussite pour l’Union auboise, dont l’accompagnement de ses vignerons sociétaires vers la viticulture durable a débuté dès les années 1990.

Au mois de septembre prochain, le champagne Devaux, propriété de l’Union auboise, devrait commercialiser sa première cuvée Bio. Le résultat d’un long cheminement pour cette grande ambassadrice de la Côte des Bar, et une belle manière pour Michel Parisot, qui vient d’être élu chef de cave de l’année par le IWC, de fêter sa 30ème vendange dans la Maison.

Pour bien comprendre ce cheminement, il faut revenir en 1999-2000. Michel Parisot prend alors la succession de son mentor Claude Thibault et lance la Collection D, en s’appuyant sur un travail de sélection parcellaire, une démarche plutôt novatrice à l’époque. La coopérative demandait aux adhérents d’isoler les lopins de vignes les mieux orientés et plantés de ceps âgés. Elle exigeait un cahier des charges où figurait des éléments techniques comme le mode de taille, et où perçaient déjà des exigences environnementales comme l’enherbement un rang sur deux.

Pour beaucoup de vignerons, « c’est cette première démarche qui leur a mis le pied à l’étrier » et qui les a encouragés à aller plus loin en évoluant vers la viticulture biologique. Aujourd’hui, la coopérative qui regroupe 1000 hectares sur les 8000 que compte le vignoble aubois, peut se targuer de compter déjà 50 hectares en bio, et cette superficie devrait doubler d’ici quatre ans. C’est pour profiter de ce potentiel extraordinaire que Devaux s’est lancé en 2018 dans l’élaboration de cette nouvelle cuvée. Les champagnes bios commencent à être répandus, mais la plupart sont élaborés par des vignerons sur des assemblages limités. En dehors de Leclerc Briant, très rares sont les maisons qui peuvent composer avec une palette d’assemblage aussi élargie que celle dont Devaux bénéficie grâce à la structure coopérative. Dans les prochaines années, c’est toute la série « Cœur des Bar » qui pourrait être convertie, même si pour l’instant on préfère maintenir la cuvée bio en dehors de la gamme, afin de ne pas créer de confusion en étant accusé de détournement d’image.

La première cuvée est composée exclusivement à partir de la récolte 2018. À dire vrai, on ne pouvait rêver de meilleures conditions pour débuter, puisque les trois premières vendanges 2018, 2019, 2020 constituent une trilogie remarquable telle qu’on n’en avait pas connue depuis celle de 1988-1989-1990. De quoi asseoir la réputation qualitative des premières bouteilles qui sortiront, mais aussi assurer grâce à la constitution d’un premier stock solide de vins de réserve la qualité des cuvées futures si les conditions météorologiques devaient être moins clémentes. Un point important, surtout dans le cas de raisins bios, plus exposés certaines années à des maladies comme le mildiou. Sur ces cuvées, il y a tout un nouveau savoir-faire à acquérir pour le chef de caves, avec une gestion sans doute spécifique : un beau défi !

Vers un tirage 100% certifié Viticulture durable en Champagne pour 2022

Une nouvelle dimension qui ne doit pas occulter l’autre combat de la coopérative sur le front de la Certification viticulture durable en Champagne. En 2021, 800 hectares l’ont déjà obtenue, soit 80% des vignes. L’Union auboise pense atteindre l’objectif des 100 % certifiés pour les vendanges 2023, sept ans avant la date buttoir que s’est fixée l’interprofession champenoise pour l’ensemble de l’appellation. Dès 2022, il devrait être envisageable pour la maison Devaux qui expédie 800.000 bouteilles, de pouvoir faire un tirage 100% VDC en trouvant parmi les 800 hectares certifiés de l’Union, une palette de 100 hectares qui puisse convenir à l’assemblage de la marque.

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