Nicolas Feuillatte qui participera à l’événement Champagne Tasting à l’hôtel Salomon de Rothschild le 7 mai prochain, lance sa première cuvée Bio « Collection Organic » (39€). Terre de vins est allé rencontrer son chef de caves, Guillaume Roffiaen, pour déguster ce champagne en avant-première. Celui-ci est présenté au public du 25 au 30 avril dans la boutique parisienne de la marque (254 rue Faubourg Saint Honoré), spécialement réaménagée pour cette occasion grâce à de multiples animations virtuelles et interactives.

Chez Nicolas Feuillatte, les premiers raisins bios rentrés datent de 2009. Ils résultent alors de l’initiative de deux vignerons. Par la suite, la coopérative a encouragé ses adhérents à amorcer une conversion mais sans jamais chercher à leur forcer la main. « L’agence de l’eau dont l’objectif est de réduire les éléments polluants dans les nappes est venue nous trouver, ils avaient besoin dans les zones sensibles d’une animation auprès des vignerons. Le problème de la Champagne réside dans son morcellement parcellaire. Lorsque vous touchez un vigneron, vous touchez plein de petits points épars, or l’objectif était de toucher des zones entières, d’où l’intérêt pour eux d’une structure comme Nicolas Feuillatte capable d’avoir un effet levier plus global ».

Avec l’arrivée de Christophe Juarez en 2017, la dynamique s’accélère, le nouveau directeur considérant d’emblée qu’une marque comme Nicolas Feuillatte doit pouvoir se positionner avec un objectif de 300.000 bouteilles labellisées. Ce chiffre était aisément accessible, mais il ne devait pas l’être à n’importe quel prix. Il importait de veiller à ne pas simplement élaborer une cuvée bio, mais d’abord une cuvée Nicolas Feuillatte, conforme à son style. C’est ce qui explique le temps qu’a mis la maison pour commercialiser ce premier opus malgré son implication précoce. « Cela nous a permis de disposer de la même diversité d’assemblage que pour les cuvées conventionnelles. Nous avons en effet des vignerons qui viennent de partout. Nous avons commencé sur la Côte des Bar et aujourd’hui, on compte de plus en plus de Marnais et même des Axonais » explique Guillaume Roffiaen, le chef de caves.

Cette première cuvée est une base 2013 constituée de 60 % de pinot noir et 40 % de chardonnay. « La majorité des raisins est issue de la Côte des Bar ce qui amène ces éléments de maturité plus affirmés que ce que l’on peut trouver par exemple sur la cuvée Terroir, elle aussi construite sur une base 2013, mais uniquement en premiers crus et qui n’a donc pas du tout le même effet territorial. On est un peu plus structurant, sans être pour autant dénué de fluidité. Il y a ce côté aromatiquement plus abouti, plus évolué. C’est volontaire : on voulait un élevage suffisamment long pour obtenir cette vinosité grâce à laquelle cette cuvée ne se cantonne pas à l’apéritif mais bénéficie aussi d’une certaine aptitude à la table. Je ne pense pas que ce champagne ait exactement la même souplesse que Terroir sur ce plan, parce qu’il n’a pas cette épice qui fait de Terroir un véritable tout-terrain, mais il est un peu plus réveillé, tendu. Cela reste une caractéristique des vins bios qui ont des PH souvent 1/10ème à 2/10èmes plus bas que les vins conventionnels. D’où le côté désaltérant malgré cette maturité affirmée. »

Les amateurs apprécieront cette petite touche végétale qui, combinée à l’acidité, évoque l’oseille. En filigrane, on s’arrêtera sur cette pointe de silex qui en fait un vin de caractère tandis que des petits amers rehaussent la finale, lui redonnant un peu de peps. Pour l’accompagner, Nicolas Feuillatte a choisi de travailler avec la cheffe Abigaïl Munier. En entrée, elle a imaginé un carpaccio de Saint-Jacques qui met en lumière le côté étonnement iodé de la cuvée alors même qu’elle n’est pas saline. Le plat principal est un pithiviers végétal. « Ce que j’aime dans le pithiviers, c’est l’empilement des couches, je trouve que c’est un peu le pendant de ce que l’on a au niveau de l’évolution en dégustation du Collection Organic, il ne se livre pas d’un seul coup, il va amener les choses les unes derrière les autres, ce n’est pas un vin monocorde, on a le même phénomène de découverte de couches successives. Le vin a par ailleurs un profil un peu boulanger avec ce côté pâte chaude auquel la croûte du pithiviers fera écho ».

Pour réserver un atelier : chezorganic.nicolas-feuillatte.com