(Photos F. Hermine)
(Photos F. Hermine)

La maison de champagne Charles Heidsieck a lancé la Collection Crayères pour proposer de vieux millésimes : cette année, le mythique 1989, pour la première fois décliné en différents formats, de la bouteille au jéroboam en passant par le magnum.

Charles Heidsieck a lancé récemment la Collection Crayères qui remet sur le marché des vins de l’oenothèque de la maison « pour des amateurs en demande de vins à pleine maturité sans avoir à jouer à la roulette russe dans les ventes aux enchères, ironise le chef de caves Cyril Brun. Les bouteilles ne sont jamais sorties de nos caves et sont récemment dégorgées pour bénéficier d’un ‘vin parfait’ sans prise de risque ». En fait, il faudrait sans doute parler de relance car la maison a sur le sujet une légitimité historique. Elle avait déjà initié il y a 25 ans avec le précédent chef de cave Daniel Thibault une Collection Œnothèque « avant tout le monde (sauf Bollinger), souligne le directeur général Stephen Leroux Mais elle avait été arrêtée au milieu des années 2000 par le groupe Rémy Cointreau auquel la maison appartenait à l’époque ». Charles Heidsieck a donc repris le principe en changeant de nom, le mot œnothèque ayant été utilisé entre-temps par Dom Pérignon. Une première opération a été portée par Christies avec la vente de 600 vins aux enchères à Londres et New York, certains flacons ayant atteint les 1500-2000 $, avant une sélection de vieux millésimes de la gamme et une verticale de Blanc du Millénaire.

Millésime mythique

Cette année, c’est le millésime 1989 qui est à l’honneur, décliné pour la première fois en différents formats de la 75 cl classique au jéroboam en passant par le magnum. « C’est une année magique, solaire et mature avec néanmoins une fraîcheur insolente » analyse Cyril Brun. Les différents formats permettent de mettre en exergue le vieillissement avec une fraîcheur proportionnelle à la taille du flacon. Sont donc sortis de l’œnothèque 750 jéros, 300 magnums et 250 bouteilles – dont une vingtaine de jéroboams vendus en coffret dépliable avec 6 verres « pour intéresser non seulement les grands amateurs de champagne mais aussi les passionnés de déco et design » précise Stephen Leroux. “Il s’agit surtout d’une opération de communication pour une maison qui renaît de ses cendres depuis le rachat en 2011 par la famille Descours. Et elle nous donne les moyens et toute latitude pour la relance de la marque. Charles Heidsieck a vendu jusqu’à 4,5 millions de bouteilles au milieu des années 80, un peu plus que Veuve Clicquot, pour redescendre à 250 000 cols. Nous sommes remontés aujourd’hui à 1 million de bouteilles, principalement en travaillant sur les circuits cavistes et CHR avec quelques partenariats ponctuels comme le golf féminin en France ou la voile en Australie”.

La France reste le principal marché de Charles Heidsieck devant les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et le Japon. La maison rémoise compte sur le « magique 1989 », l’année où Hugh Grant a incarné au cinéma « Champagne Charlie » pour refaire parler de la marque, ici et de l’autre côté du monde en attendant la sortie officielle du millésime 2008 cet automne.

Terre de Vins a dégusté :

1989, une année au climat contrasté avec un hiver doux, un gel en avril, une floraison précoce mais des vendanges qui se prolongent jusqu’à fin octobre

1989 en jéroboam : Des bulles vives sur des arômes de brioche grillée, de noisettes, d’agrumes et kumquat sur des notes torréfiées et une pointe de gingembre.

1989 en magnum : Des bulles crémeuses et une attaque en bouche franche sur des arômes de brioche fraiche et des épices douces et une trame citronnée avec encore un joli potentiel de garde.

1989 en bouteille : Une effervescence discrète sur des arômes de pain grillé beurré, de noisettes et d’épices (safran, cannelle) sur un zeste de marmelade d’oranges

Ci-dessous : Le chef de caves Cyril Brun et le DG de Charles Heidsieck, Stephen Leroux