Après avoir diminué le poids de ses bouteilles de seconds vins en 2015, le Château Brown propose désormais de nouveaux cartons éco-conçus et recyclables pour remplacer les caisses bois dans le cadre de l’objectif neutralité carbone de la filière.

La propriété de Pessac-Léognan (33) dirigée par Jean-Christophe Mau depuis 2004, incite de plus en plus les négociants à délaisser les caisses bois au profit des caisses carton et ce depuis la dernière campagne primeurs 2019. « Elles offrent une meilleure recyclabilité et permettent une réduction significative des emballages et des consommations d’énergie, jusqu’à 40% à la production, car les cartons sont moins lourds et moins volumineux et parce qu’il n’y a pas vraiment de filière nationale de recyclage bois en France », explique Mathilde Loriaud, directrice marketing. « On peut toujours transformer les caisses en nichoirs ou les brûler dans la cheminée mais le recyclage ne relève que d’initiatives individuelles ».

Si les acheteurs ont toujours la possibilité de commander les vins en caisses traditionnelles, notamment pour les cadeaux, ils ont désormais le choix. A ce jour, une large majorité des acteurs de la filière bordelaise propose des vins en caisse bois « car elle est dans l’esprit commun gage de qualité et de solidité mais pour une entreprise comme nous, engagée depuis longtemps dans le SME (Système de Management Environnemental) et en HVE (Haute Valeur Environnementale), on se devait de faire des efforts supplémentaires et de proposer une alternative », estime Jean-Christophe Mau. « Il s’agit avant tout de faire évoluer les mentalités. D’autant que les négociants, les cavistes, les restaurateurs n’ont pas forcément besoin d’une livraison en caisses bois, souvent encombrantes, et ils ne savent pas toujours quoi en faire ». A ce jour, Château Brown a déjà enregistré 40% des vins 2019 achetés en primeur en conditionnement carton.

Entre HVE et SME

Le château qui a déjà intégré le SME pour sa gestion de l’eau et de l’électricité, récupère également les bouchons en liège envoyés à une association contre le cancer, « mais il y a encore beaucoup à faire et sans être certifié bio à la vigne, précise Jean-Christophe Mau. Car l’encadrement de la fleur au printemps ces dernières années est hypersensible et après avoir souffert des aléas climatiques sur plusieurs millésimes, on ne peut pas se permettre de prendre trop de risques, même si on ne traite pas deux années sur trois. Bien sûr, la lutte raisonnée ne veut pas dire grand chose mais on a quand même les indicateurs du SME pour le prouver ».

Et le propriétaire de rêver d’un super label qui tiendrait compte également des efforts en aval sur les bouteilles, bouchons, étiquettes, emballages, recyclage… Les étiquettes ont d’ailleurs été reliftées pour mieux expliquer la démarche de biodiversité du domaine. Celui-ci s’étend sur une soixantaine d’hectares dont 35 de vignes, le reste étant préservé en bois, pommiers, mares, haies, arbustes… et même une ferme florale bio depuis le printemps. Le prochain challenge de Brown sera de diminuer la consommation d’eau pour la vinification (elle l’a déjà été pour le nettoyage des cagettes de vendanges ramené à une seule fois par jour).