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Château Clarke : « Un investissement à la hauteur des défis »

Fabrice Darmaillacq, directeur technique Château Clarke

Auteur

Jean-Charles
Chapuzet

Date

06.11.2022

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Le groupe Edmond de Rothschild Heritage a dernièrement nourri les colonnes de la presse pour l’acquisition d’Akarua en Nouvelle-Zélande. Mais un autre événement se prépare en terre médocaine avec le 50ème anniversaire du Château Clarke sous l’ère de cette famille. Pour l’occasion un nouveau chai… Fabrice Darmaillacq, directeur technique de ce cru de Listrac, nous en dit davantage.  

Vous avancez à grands pas - en 2023 - vers le cinquantième millésime de Clarke sous l’ère d’Edmond de Rothschild… À cette occasion le Château va montrer un nouveau visage, quelle est la nature de ces travaux ?

Il s’agissait de rationnaliser l’outil de production qui avait besoin de retrouver de la cohérence après ses développements successifs. Et en profiter pour le moderniser : Après 2 ans et demi de travaux, de nouveaux cuviers parcellaires et gravitaires ont donc accueilli les vendanges 2022. Paradoxalement, nous avons rendu à nos plus vieux bâtiments leur destination originelle en réhabilitant les chais enterrés pour des économies d’énergie.

En quoi ce nouvel outil va profiter au Château Clarke ?

La propriété s’est dotée d’installations techniques performantes : les chais, cuveries, bâtiments de stockage et logistiques ont été entièrement repensés pour faciliter les flux au sein de la propriété et améliorer, encore et toujours, la qualité de notre production. L’investissement de 18 millions d’euros est à la mesure de l’ambition de la propriété et à la hauteur des défis. Le Château Clarke peaufine également son idéal d’excellence en préparant son vignoble aux effets du changement climatique : deux entités indépendantes reconnues pour leur expertise, Bordeaux Sup Agro* et Sovivins**, réalisent un audit sur les potentiels du vignoble, afin de sélectionner, parcelle par parcelle, les cépages et porte-greffes les plus adaptés, dans un objectif de restructuration à dix ans, en tenant compte des effets du changement climatique déjà constatés, et en anticipant sur ses conséquences prévisibles.

Enfin, vous sortez le millésime 2018, comment décrivez-vous ce Listrac et comment s’est décidée cette importante proportion de merlot ?  

L’importante proportion de merlot est une décision historique qui remonte au milieu des années 80 (50 % versus 42 % avant cela) et qui s’est progressivement intensifié chaque année pour atteindre vers les années 2000 les 70 % de merlot pour 30 % de cabernet sauvignon. Émile Peynaud en était déjà convaincu lorsqu’il accompagnait le Baron Edmond au début de l’aventure. Ceci n’est finalement que la conséquence de ce terroir argilo-calcaire singulier, plus frais et révélateur de grands merlots. Cet assemblage de 70 % de merlot et 30 % de cabernet-sauvignon est encore aujourd’hui l’assemblage que nous favorisons avec Éric Boissenot, qui nous accompagne depuis le millésime 2016 sur l’évolution de ce vin, comme l’a fait son père Jacques auprès du Baron Edmond. Grâce aux vinifications parcellaires, aux extractions douces, aux assemblages précis, le 2018 gagne en complexité, en précision, en longueur. Élégant et fin, dense et soyeux, puissant et précis, frais et complexe, garant de la typicité de son terroir, il est désirable dès sa jeunesse comme dans sa maturité.


* L’École Nationale Supérieure des Sciences Agronomiques à Bordeaux

** Organisme d'expertise de l'analyse du sol, à Bordeaux, en phase avec les exigences qualitatives, économiques et environnementales actuelles,