(photos Audrey Marret)
(photos Audrey Marret)

Le banquier américain, décédé en 2017, avait acquis le prestigieux cru classé de Graves en 1998, dans l’appellation Pessac-Léognan. En hommage à ce grand visionnaire, une exceptionnelle dégustation au Château Haut-Bailly a rassemblé vingt millésimes de 1998 à 2017, d’une remarquable constance.

Deux ans après la disparition de Robert G. Wilmers, le Château Haut-Bailly organisait il y a quelques jours une exceptionnelle verticale à la mémoire du grand homme, milliardaire discret à l’humour hors pair. Vingt millésimes étaient proposés à la dégustation, qui s’est ouverte sur 1998 (année du rachat par “Bob” Wilmers) pour offrir une mémorable séquence de l’histoire du domaine, jusqu’au millésime 2017.

D’emblée, l’impressionnante régularité du prestigieux cru classé de Graves marque autant l’esprit que le palais. Au-delà des millésimes remarquables, bénis des dieux et des conditions climatiques (2000, 2009 ou 2016), cette verticale démontre la constance du Château Haut-Bailly. Plus que des coups d’éclats ponctuels, c’est bien un style précis, élégant, racé qu’offre ce vin maître de lui-même quels que soient les aléas de l’année.

La surprise des millésimes inattendus

Derrière ce long travail de continuité se trouve Véronique Sanders, qui a grandi ici, au Château Haut-Bailly. Robert G. Wilmers lui avait confié la direction du domaine bordelais après l’avoir racheté à Jean Sanders, son grand-père. La même volonté de persévérance anime le fils de Bob Wilmers, Chris, qui participait à cette dégustation aux côtés de Gabriel Vialard, le directeur technique du château.

Que dire des millésimes d’excellence ? La constance du Château Haut-Bailly se révèle dans des millésimes inattendus, d’une admirable fraîcheur : 2002, à la matière soyeuse malgré le froid ravageur du mois d’août ; 2012 à la densité enveloppante survolant une année maladive ; ou encore 2014, particulièrement chaud en septembre, où Haut-Bailly ne cède en rien à une facilité solaire mais canalise l’intensité aromatique au profit de l’élégance.

A table, lors du déjeuner qui a suivi, la dégustation est remontée jusqu’aux millésimes 1990, 1986, 1982, 1977 (plutôt étonnant pour une année sans relief) et 1970. Pour confirmer encore la grande permanence du style Haut-Bailly, millésime après millésime.

Des commentaires détaillés de cette verticale seront à retrouver prochainement dans le magazine Terre de Vins.