Difficile de croire Didier Cuvelier quand il vous dit, en parlant de Léoville-Poyferré, qu’il a : « hérité d’un jouet en mauvais état ». Et pourtant, bien sûr qu’il dit vrai ! Car, entre le spectacle de modernité qui capte aussitôt l’attention du visiteur et la situation en 1979 de ce second cru classé, quand sa famille lui en confie les rênes, il n’y a pas un fossé mais un monde.

Que ce soit au niveau des vignes ou des bâtiments, Didier Cuvelier l’assure : « Il y avait tout à refaire ». « Mais, ajoute-t-il aussitôt, quand on est jeune, on est complètement inconscient. » A son arrivée, Poyferré ne compte que 48 hectares de vignes. Trop peu. Désormais, la surface a plus que doublé pour atteindre les 80 hectares. Les grands travaux rythmeront ces trente dernières années.

Dès lors, que retenir ? Ce chai immense que l’on surplombe, une fois la porte d’entrée passée, et qui vous donne l’impression d’être un artiste face à des centaines de barriques « assises » ? Le cuvier dernière génération ? Ou cet autre chai aux lignes si épurées ? Les trois sans hésiter. Mais on conseillera un lieu plus intime : la salle de dégustation. C’est peut-être là, que la personnalité de Didier Cuvelier s’exprime le plus. Dans cette pièce dont le mur principal est noirci des dédicaces de ses hôtes. Des graffitis en français, en anglais, en chinois. Et cette phrase : « Le 25 mars 2008, un grand terroir, les grands vins » signée Robert Parker. Aussi quand Didier Cuvelier dit qu’il aurait aimé être architecte, là encore on le croit.

Par Jefferson Desport. Photo Rodolphe Escher.

www.leoville-poyferre.com