Alexandre de Malet Roquefort
Alexandre de Malet Roquefort

Si ce nom de propriété ne vous dit peut-être encore pas grand-chose, cela va vite changer. Alexandre de Malet-Roquefort va en effet proposer ce nouveau vin dès la campagne primeurs des 2021 dans quelques semaines. Avec un succès déjà pressenti…

L’histoire est belle et émouvante. Elle est celle d’une superbe propriété de Saint-Emilion, situé à 6km seulement à vol d’oiseau du château la Gaffelière que gère Alexandre de Mallet-Roquefort et dont il est co-propriétaire avec ses deux frère et sœur. Niché dans un environnement particulièrement paisible, posé au creux d’un parc superbe où la beauté des pins parasols et des cèdres bicentenaires n’a d’égal que celle des mêmes essences aussi anciennes plantées dans le parc du 1er cru classé B. Puyblanquet, c’est un château qui était dans la famille Mallet-Roquefort depuis le XVIIIème siècle. Un lieu qui était chéri depuis plusieurs siècles lorsqu’un drame contraignit à sa vente. Nous sommes en 1958 et le grand-père d’Alexandre décède précocement. Son père, Léo qui n’a alors que 24 ans, doit faire face à des droits de succession très conséquents. Sans autre choix possible et à contre-cœur, il se résout à vendre Puyblanquet à la famille Jacquet. Celle-ci le conservera pendant plus de 60 ans. Et comme une heureuse pirouette du destin, l’occasion va se présenter en 2020 de racheter les 19 hectares de cette magnifique propriété réputée pour la qualité de son terroir argilo-calcaire depuis le XIXème siècle. « C’est l’une des rares fois où j’ai vu mon père pleurer », confie avec émotion Alexandre. Cette blessure profonde qu’il n’avait jamais digérée allait enfin pouvoir se refermer.

Une succession facilitée

« Pour la seconde fois, le château Puyblanquet va sauver la Gaffelière » avoue Alexandre. Une première fois lors de la vente de 1959 et aujourd’hui, de manière différente. « Nous sommes 3 co-propriétaires de la Gaffelière, ce qui complexifie évidemment sa transmission future. Avec le retour de Puyblanquet dans le giron familial, un montage familial nous a permis que l’un d’entre nous échange ses parts dans la Gaffelière pour Puyblanquet, moyennant compensation ». Il n’y aura donc plus que 2 co-propriétaires à l’avenir. Et un horizon concomitamment éclairci. Qu’en est-il de la qualité des vins ? Dès le départ, Alexandre a décidé d’arracher près de 7ha de vignes qui ne présentaient pas un niveau qualitatif suffisant. Le vin produit sur le millésime 2020 montre toutefois déjà un très beau potentiel. Un vin avec beaucoup d’élégance, de grâce doté d’un toucher de bouche délicat et d’un fruité précis. Voici un vin particulièrement racé qui offre un très bon rapport qualité-prix. Plus généralement, nul doute que la philosophie mise en œuvre par Alexandre à la Gaffelière devrait se prolonger ici. Notamment toute l’agroécologie mise en œuvre avec constitution de haies, plantation d’arbres notamment fruités comme autant de repères pour les oiseaux et les chauve-souris. Ces arbres font l’objet d’une attention particulière. Taillés strictement, ils peuvent aller plonger leurs racines en profondeur et guider ainsi les racines des vignes alentour. De même avec les couverts végétaux entre les rangs qui sont rabattus au printemps pour former un paillage permettant d’abriter une incroyable biodiversité mais aussi de maintenir une certaine humidité des sols. Une propriété à suivre de très près pour tous les amateurs des vins émouvants de la rive droite.