Martin Bouygue et Hervé Berland, directeur de Château Montrose, qui prend les rênes du Clos Rougeard.
Martin Bouygue et Hervé Berland, directeur de Château Montrose, qui prend les rênes du Clos Rougeard.

Depuis le 22 juin, le fameux Clos Rougeard de Saumur-Champigny est aux mains de Martin et Olivier Bouygues. Hervé Berland, gérant de leurs propriétés bordelaises en prend la direction.

La nouvelle du rachat du Clos Rougeard, domaine mythique du Saumurois, n’avait pas vraiment surpris puisque le bruit courait depuis six mois (voir TDV janvier 2016 et janvier 2017 et 23 juin). La réputation internationale et la cote des bouteilles issues de ce petit domaine de Chacé (Maine & Loire) assuraient qu’aucun acteur 100% local ne serait capable d’aligner les sommes nécessaires au rachat.

Les 11 hectares du Clos Rougeard ont été acquis par SCDM, la holding familiale des Bouygues, avec les quatre dernières années de récolte, puisque les frères Foucault attendaient toujours ce minimum de maturité avant de vendre leur récolte. En toute logique, Hervé Berland, qui dirige déjà les propriétés bordelaises château Montrose et château Tronquoy-Lalande à Saint-Estèphe, prend en charge le nouveau domaine : « J’ai encouragé Martin Bouygues. Rougeard est un des plus grands cabernets francs du monde, sinon le plus grand. La séparation était difficile pour la famille Foucault. On a respecté leur émotion. Nady Foucault sera conseiller technique. Il nous accompagnera dans la reprise. C’est une volonté partagée, une entente, sans contrat précis. Nous recrutons un directeur d’exploitation. »

Une vraie lumière sur Saumur-Champigny

Le vigneron Arnaud Lambert, qui dirige le domaine mis en orbite par son père à Saint-Just-sur-Dive, exploite des vignes à Brézé, à côté de celles des Foucault. Il sait que les successions ne sont pas faciles et s’inquiète du prix de la terre qui monte et les rendra de plus en plus ardues. Mais il se réjouit que cette vente donne une « vraie lumière » sur Saumur-Champigny. Il fait remarquer que « c’est une marque qui a été achetée, le savoir-faire ne fait pas partie du lot ». Il ne faudra pas comparer les vins d’avant et après. Le Clos Rougeard bénéficiait d’une forme d’immunité, désormais il sera dégusté normalement. « J’ai vu le temps que les frères passaient dans les vignes, eux-mêmes. Ils ont eu une vraie lecture du végétal. Ils étaient très précis sur les fins de cycle. Je souhaite du courage aux nouveaux venus pour garder la barre aussi haut. »