Lovée dans le vieux Jarnac-Charente, la prestigieuse maison Delamain fait peau neuve. Représentant de la neuvième génération de la famille et directeur général (la maison Bollinger est actionnaire majoritaire), Charles Braastad nous explique les raisons de cette phase importante de travaux.

La maison Delamain entre dans une nouvelle ère, comment s’est décidée une telle révolution ?
Ça fait quelques temps que nous pensons à des rénovations pour avoir des bureaux plus fonctionnels et des locaux plus accueillants. Il faut dire que tout est resté dans son jus depuis des décennies, le visiteur devait franchir une petite porte, monter l’escalier, affronter un bureau, c’est la comptable qui recevait… bref, il fallait faire quelque chose. Nous voulions ouvrir la maison Delamain vers l’extérieur.

Quel est le timing et quels sont les objectifs en termes de circuit de visite et d’affluence ?
Nous avons commencé les travaux au mois de mars de l’an dernier, la crise sanitaire est arrivée, nous avons pris un retard phénoménal, mais le bon côté est que nous prenons le temps de réfléchir. Nous n’avons pas arrêté un programme de visite et pour l’affluence, ça restera intime, nous n’allons pas concurrencer Courvoisier, ce n’est pas notre ligne. Nous restons sur du sur-mesure.

Allez-vous conserver le côté vintage avec ces locaux où l’histoire transpirait ?
Le bâtiment est très vieux, nous avons mis le bureau à nu et nous nous sommes rendu compte qu’il fallait consolider les fondations, le chantier s’est alourdi avec des normes réglementaires. Mais la maison demeure, le jardin, on a gardé les meubles, notamment ce comptoir, on a gardé les vieux pupitres de mes ancêtres, les vitrines, on a gardé tout ce qui fait la chaleur de Delamain. Toutes les passions accumulées par les Delamain (Les livres, la collection de fossiles, de papillons…) sont conservées dans la mesure du possible.

Allons-nous retrouver le bleu de Delamain ?
Oui, il y aura du bleu et du bois, c’est l’idée de la rénovation. On va garder le côté musée avec une belle visibilité sur le vignoble qu’on exploite, une photographie de notre maître de chai Dominique Touteau. Il faut comprendre l’esprit et l’ambiance de notre Maison. Nous sommes dans l’artisanat et le craft. Je conserve l’idée des anciens magasins londoniens où l’on prend les mesures du client pour lui proposer le produit qui lui va le mieux.

Quelles sont les autres actualités de la maison Delamain ?
On a sorti beaucoup de nouveautés l’an passé, nous prévoyons en 2021 une nouvelle série de Pléiades avec de nouveaux millésimes, des eaux-de-vie rares. On a aussi le Pale & Dry centenaire de 50 cl qui titre à 42% avec une garantie sans caramel, c’est un XO bien plus vieux que la moyenne des XO de la place de Cognac. Nous créons des nouveautés en fonction de nos stocks et non de l’appétit marketing. Là encore, c’est du sur-mesure.