(photo I. Bachelard)
(photo I. Bachelard)

La situation des viticulteurs alsaciens est “catastrophique” depuis le début de l’épidémie de coronavirus, les pertes de chiffre d’affaires allant jusqu’à “90%” pour certains, a-t-on appris samedi auprès de responsables de la filière.

“C’est catastrophique ce qui se passe, c’est hyper inquiétant, les répercussions sont importantes”, explique Jérôme Bauer, président de l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA), qui regroupe près de 4.000 adhérents.

Après un début d’année “plutôt bon”, avec notamment une “bonne dynamique dans les flux export” début mars, l’épidémie et le confinement ont tout coupé, analyse-t-il. Pour le mois de mars, les pertes de chiffre d’affaires s’échelonnent ainsi “entre 25 et 90% sur le mois de mars” par rapport à mars 2019, poursuit M. Bauer, dont le domaine situé près de Colmar essuie lui “85% de pertes”. “En avril, ça risque de devenir du 100% pour certaines entreprises”, s’alarme-t-il.

Les exploitations moyennes ou grandes “qui travaillent avec la grande distribution sortent encore un petit peu de vin” mais “essuient quand même des pertes”, toutefois moindres que les vignerons indépendants qui “travaillent en vente directe et en salons” viticoles, qui ont tous été annulés.

“Les restaurants, les magasins sont fermés. Or, ce sont nos clients et cela nous pose des soucis de commercialisation”, confirme Alain Renou, directeur du Synvira, le Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace (450 adhérents).

Sauf exceptions, “la plupart de nos circuits de distribution”, comme l’export ou l’hôtellerie, “sont en ‘stand by’ en ce moment”, poursuit M. Renou. Les ventes au caveau sont toujours autorisées “mais le public, avec raison, évite les déplacements”, ajoute-t-il.

Et s’il salue les dispositifs d’aide de l’Etat et les coups de pouce des banques “pour limiter les dégâts économiques”, il “redoute” quand même que cette crise sanitaire ne contraigne des exploitants à mettre la clé sous la porte.

En tablant sur un déconfinement “début mai ou mi mai, il nous faudrait quelques mois pour remettre la machine en route”, prévient M. Bauer, qui ne revoit pas un départ de l’activité “avant septembre, sauf peut-être pour ceux qui font de la vente directe”, en fonction de la reprise de tourisme.

Pour M. Renou, les livraisons toujours possibles, notamment à domicile, pourraient constituer une petite lueur dans ce marasme ambiant : le confinement, “ça peut être l’occasion de se faire plaisir avec une bonne bouteille”, glisse-t-il.