Le phénomène s’est propagé dans de nombreux vignobles de France. Les vignerons sont de plus en plus nombreux à proposer des week-ends ou une journée vendanges au grand public. Ces vendanges participatives révèlent l’évolution de la société, qui comme dans le milieu culturel ne se veut plus seulement spectateur ou consommateur, mais acteur. Preuve aussi de la volonté d’ouverture de la profession comme en Côtes du Rhône, où le calendrier est chargé.
Si de luxueuses vendanges ou balades en 2 CV dans les vignes suivent l’emballement du cours des grands crus, l’amateur trouvera heureusement des rendez-vous plus abordables.

A la découverte des cépages

Payer pour faire les vendanges, les équipes saisonnières n’en reviennent toujours pas comme l’explique Bernard Mendez du domaine Beauvalcinte à Suzette, situé dans l’AOC Beaumes-de-Venise. « Nous accueillons du public mais il ne vendange pas en même temps que l’équipe. Celle-ci ne comprenait pas comment on pouvait payer pour faire les vendanges ! » Depuis 2003, deux fois par mois en septembre, il accueille des touristes en groupes limités à 10 personnes. Des Français mais aussi des Belges, Suisses, Australiens…
Ici les vendanges sont un prétexte pour découvrir toutes les facettes du métier. « Notre domaine de sept hectares possède sept cépages différents. Nous privilégions la dégustation de baies de raisins, l’initiation à l’ampélographie (étude des cépages par différents aspects : feuilles, vigueur, bourgeons, couleurs des baies…). On presse les jus, on les goutte, explique le vigneron. Cela permet de parler du domaine car nous n’avons pas un budget publicitaire énorme ». Le visiteur paye pour la journée 45 euros avec un repas compris, et repart souvent après avoir acheté des bouteilles du domaine.