Avec 250 salariés et un chiffre d’affaires de 18,9 millions d’euros, Dartess est un des leaders de la logistique des vins et spiritueux. Basée en Gironde et en région parisienne, l’entreprise a choisi de maintenir son activité durant le confinement. Entretien avec le directeur général, Frédéric Lanteri.

Comment avez-vous réagi à l’annonce du confinement ?

Après l’annonce du confinement, nous nous sommes retrouvés dans une situation marquée par une certaine anxiété de la part de nos salariés et de nos clients. La décision a été prise de maintenir notre activité. De ne pas fermer. Avec deux priorités essentielles : protéger nos salariés et assurer nos services à nos clients. Avec les semaines de recul, nous nous apercevons que nous avons bien fait de maintenir nos activités. Nos clients nous y ont encouragés, mais c’est aussi pour nous une manière de contribuer à maintenir un cycle économique pour la filière, et par conséquent de préserver l’emploi.


(photo Anaka)

Mais comment avez-vous réussi à garder vos sites ouverts ?
Nous avions, si je puis dire, senti le coup venir. La veille mise en place en Chine, mais aussi en Italie et en Espagne, nous a permis d’anticiper. La première action faite a été de constituer des stocks de sécurité sur des produits stratégiques : gels hydroalcooliques, lingettes désinfectantes et masques, même si nous en avions peu. Avoir réussi à constituer des stocks sur ces produits nous a permis d’instaurer une certaine confiance auprès des salariés.

Vos clients sont des négociants pour la moitié, des propriétés, des importateurs, des distributeurs, des grossistes et des e-commerçants pour lesquels vous réalisez des activités d’embouteillage, de conditionnement, de logistique et de transport. Quel a été l’impact de la crise sanitaire sur vos activités ?
Les activités de logistique ouvertes sur l’exportation sont en baisse de 40 à 50 %. Mais je suis convaincu que les marchés à l’export repartiront. Pour les activités d’embouteillage et de conditionnement, la demande est forte : nos clients, propriétaires et négociants, sont en train de préparer la rentrée. Nous ne ressentons pas la baisse d’activité. Quant à l’e-commerce, nos activités sont à 130 contre une base 100 il y a quelques semaines. Actuellement, en termes de volume, nous préparons entre 1500 et 2000 commandes par jour, ce qui est considérable.

Sur vos quelque 250 clients, 180 à 190 sont basés dans le Bordelais. Avez-vous ressenti le report des primeurs 2019, évènement clé pour les vins de Bordeaux ?
En termes de flux, s’agissant des primeurs 2019, il n’y a pas d’impact pour nous. Nous intervenons deux ans après. Actuellement nos clients nous passent commande des flux à aller chercher dans les propriétés au titre des primeurs 2018. Et la demande est forte sur un bon millésime qui portera des volumes importants.

Le report des primeurs n’a donc pas eu d’effet ricochet ?
Non. Mais compte-tenu de ce qui se passe, il y a un besoin de la part du négoce de convaincre les propriétés de grands crus de libérer les volumes nécessaires, à des prix compétitifs qui permettent surtout de reconquérir les marchés.