En Gironde, les services de l’État et les représentants du monde agricole et viticole (Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux, FNSEA, Jeunes Agriculteurs, MSA) ont lancé une charte d’engagements destinée à « renforcer l’attractivité du secteur », celui-ci en proie à d’importantes pénuries de main d’œuvre. Bernard Farges, Président du CIVB, nous explique le bien-fondé de cette mesure.  

Comment est née l’idée de cette charte ?

La filière des vins de Bordeaux est particulièrement impliquée sur le sujet de l’attractivité de ses métiers. Nous devons attirer et fidéliser les talents pour pérenniser notre filière. Cette charte s’inscrit dans cette démarche globale. Aujourd’hui, dans un contexte de forte tension de recrutement, les vignerons doivent de plus en plus faire appel à des entreprises prestataires de travaux agricoles. La Charte élaborée par les services de l’État, sous l’impulsion de la préfète Fabienne Buccio, vise à assurer aux salariés comme aux vignerons un respect absolu de la réglementation en vigueur de la part de ces structures. En lien avec les représentants de la profession, dont l’Interprofession fait partie, aux côtés de la chambre d’agriculture de la Gironde, la FNSEA33, des Jeunes Agriculteurs de Gironde, des Entrepreneurs Des Territoires et de la MSA, les services de l’État ont ainsi souhaité donner un cadre lisible à la prestation de services en Gironde. Les prestataires volontaires s’engagent ici dans une démarche de qualité et de transparence. 

Le CVIB avait déjà une charte dans ses cartons, n’est-ce pas ?

Oui, le CIVB a également élaboré en 2021 une charte d’engagements réciproques entre une entreprise vitivinicole et une Entreprise de Travaux Agricoles (ETA). Complémentaire à celle construite par la préfecture de Gironde, elle vise à rappeler les droits et les devoirs de chacun et à la mise en place de bonnes pratiques face aux enjeux liés à la santé et à la sécurité des collaborateurs, aux risques fournisseurs, au devoir de vigilance et à la pérennisation des relations commerciales. 

Quels sont les principaux objectifs à court et moyen termes de cette nouvelle charte venue de l’État ? 

Cette charte est une brique de plus qui sécurise les relations entre vignerons et ETA dans le respect de la loi. Derrière ces outils, la volonté est de garantir la création d’emplois de qualité et de rendre nos métiers attractifs pour pérenniser notre filière. Nous concentrons plus de 50 000 emplois directs et indirects du département. Nous avons un devoir de responsabilité vis-à-vis de ces personnes qui travaillent dans nos vignes et nos chais. C’est pourquoi la profession, ses partenaires et l’État travaillent ensemble.