Ils étaient près de 500 visiteurs, amateurs éclairés ou néophytes intéressés, à venir rencontrer vendredi soir au Bristol à paris les 16 lauréats de la Coupe des Crus de Saint-Émilion. L’occasion de déguster des vins de 2010, 2011 ou 2012, au choix des châteaux.

« Les grands crus attirent souvent les rayons du soleil mais il est aussi important de mettre en lumière le travail des satellites pour les faire connaître » déclarait en introduction Rodolphe Wartel directeur de la rédaction de Terre de Vins. Ce partenariat permet de valoriser les lauréats en dehors du cadre strictement professionnel de Vinexpo. « Bien sûr, nous communiquons sur cette récompense a travers les réseaux sociaux mais il est important d’en parler en direct à nos consommateurs », précise Marion Troquier de Château Clarisse (Puisseguin Saint-Émilion). « Après la reconnaissance par les professionnels, nous voulions aussi la reconnaissance du public car au delà du mot Bordeaux, les consommateurs savent finalement peu de choses sur le travail du vigneron et du maître de chai et une telle manifestation permet de faire de la pédagogie », commente Benoît Trocard du Clos Dubreuil (Saint-Émilion grand cru). « Les satellites pâtissent encore d’a priori avec un déficit de notoriété et les acheteurs professionnels, surtout français, refusent souvent de goûter autre chose que les grands crus de Saint-Émilion, regrette Didier Miqueu du Château Soleil (Puisseguin Saint-Émilion). La coupe des grands crus et cette dégustation offrent une véritable ouverture ». Et Jean-François Galhaud, le président du conseil des vins de Saint-Émilion, d’insister sur le fait que « nous sommes une même famille avec une grande diversité de terroirs, de côtes et de plaine, représentant plus de 900 viticulteurs et 5400 ha. Ce sont surtout de petites exploitations familiales mais les appellations ont su s’ouvrir à l’extérieur en accueillant de nouveaux arrivants devenus de grands ambassadeurs comme les Perse, Cuvelier, Thunevin…, certains aujourd’hui en grand cru classé ».

10, 11 ou 12 à choisir

Autour des tables et des verres Riedel, les lauréats, finalistes et demi-finalistes des Saint-Émilion Grand Cru, Saint-Émilion, Puisseguin Saint-Émilion et Lussac Saint-Emilion. Les vins avaient été dégustés par appellation par des jurys de trois dégustateurs professionnels devant évaluer la régularité en qualité sur trois millésimes 2010 , 2011 et 2012. Au Bristol, les participants devaient choisir un seul millésime. Les raisons des choix étaient multiples. Pour Olivier Chatenet du Moulin de Lagnet (Saint-Emilion), « le 2012 parce que c’est le seul que nous avons encore en stock ». Pour Benoit Trocard, « 2012 parce que le merlot était beau et bien mûr sur la rive droite ». Pour Marion Troquier, « 2011 pour son potentiel de vin de garde sur cette cuvée vieilles vignes ». Sébastien Ravilly du Château Barbe Blanche (Lussac Saint-Emilion) avait choisi le 2010 « parce que c’est un vin prêt à boire en CHR ». Chacun avait donc choisi son millésime préféré ou disponible à la vente. « Cela limitait la comparaison mais mettait davantage en avant les différentes expressions du vignoble sur plusieurs années. Et c’était passionnant de pouvoir interroger directement les propriétaires et les maîtres de chai sur le sujet » estimait l’un des visiteurs passionnés au sortir du salon.

Photos Lucas Grisinelli