Les vins de Bergerac et Duras s’étaient mobilisés hier pour partir à la conquête de la capitale de l’Occitanie. Ils étaient une vingtaine de producteurs, négociants et coopératives à présenter leurs vins toutes couleurs à l’espace Vanel, près de la gare de Toulouse Matabiau

Au sixième étage de l’arche de la médiathèque, dans la grande salle de l’Espace Vanel aux grandes baies vitrées offrant une vue panoramique sur la ville et le canal du Midi, ils étaient une vingtaine d’opérateurs à venir présenter aux Toulousains la Périgord Attitude « Nous sommes juste venus leur rappeler que nous sommes aussi dans le Sud-Ouest qui est une entité avec de belles richesses a découvrir, aussi bien dans le verre que dans l’assiette« , estime Vincent Bergeon, directeur de l’Interprofession des Vins de Bergerac et Duras (IVBD). Une formule inédite a donc été choisie comme celle du rendez-vous parisien en juin dernier avec non pas des stands collectifs mais plutôt individuels par producteur et par filière agroalimentaire (foie gras, canard, agneau, poulet, châtaigne, noix…). « Le fait de mêler l’accueil des professionnels et du grand public, même avec des créneaux horaires successifs, avait été bien apprécié à Paris et nous avons donc choisi de réitérer la formule, précise Marie Lacourt responsable marketing de l’IVBD. D’autant que nous avons sollicité Terre de Vins pour organiser l’événement dans l’urgence afin de bénéficier des aides accordées dans le cadre du plan France Relance, en particulier celles pour la participation aux salons afin de promouvoir nos vins dans le cadre de la transition agroécologique« . Les opérateurs présents à l’espace Vanel étaient d’ailleurs engagés dans une démarche responsable, certifiés en bio, HVE ou en conversion. « Ces aides sont un véritable outil d’aide à la décision pour se bouger et inciter à se réinscrire à des salons, surtout lorsque l’on a des problèmes de trésorerie suite à la crise sanitaire« , reconnaît Muriel Landat Pradeaux du Domaine de Siorac.

Ne pas rester dans son pré carré

« Il est important d’être présent sur le marché toulousain phagocyté par les grandes marques de Côtes de Gascogne ou du Languedoc, regrette Gilles Bartoszek du château de Monbazillac, présent sur tous les salons Terre de Vins-IVBD. Les consommateurs ne sont pas réfractaires à nos vins puisque nous sommes présents dans les Leclerc de la région avec notre marque Duc de Castellac qui tourne bien mais il faut pouvoir proposer des alternatives en poussant d’autres cuvées« . « Notre vignoble souffre clairement d’un déficit de notoriété reconnaît Eric Faucheux de Moulin Garreau. Il est plus facile de faire goûter les blancs secs et les rouges. Les consommateurs arrivent en disant « on ne veut pas de sucre » mais quand ils goûtent, nous n’avons aucun problème pour les vendre ». Même constat pour Bernard Barse du Domaine Les Graves  avec son saussignac, « une petite appellation inconnue toujours bien accueillie à la dégustation mais pour laquelle il faut beaucoup conseiller en accords mets-vins« . Certains domaines qui avaient profité de l’occasion pour prospecter dans la capitale toulousaine regrettent que les cavistes soient « très fermés à la découverte avec beaucoup d’a priori sur nos vins » déplore Caroline Delcoix du Château Thénac qui espère qu’un tel événement permettra aussi s’ouvrir des portes.  « Arriver a être présent chez des cavistes indépendants demandent souvent une organisation plus structurée, surtout pour les petits domaines qui n’ont pas de gros volumes à vendre, souligne Vincent Bergeon. D’où la nécessité de repenser les gammes et les forces de vente avec par exemple des commerciaux partagés pour présenter une offre élargie à plusieurs domaines. Mais un salon comme celui-là permet déjà de ne pas rester dans son pré carré« 

Photos : Albert de Mons