Il faisait partie de ces premiers vignerons stars qui ont réussi à briser le plafond de verre et à élaborer des champagnes dont la renommée rivalisait enfin avec les cuvées des grandes maisons. Erick De Sousa est décédé des suites d’une longue maladie qu’il combattait depuis plusieurs années

La famille De Sousa tranche dans le paysage champenois, où les rares marques à consonance étrangère sont plutôt d’origine allemande. Dans les colonnes de Terre de vins en 2015, Erick s’en amusait : « Au commencement ce n’était pas vendeur, aujourd’hui, à l’inverse, on s’en rappelle ». L’histoire n’est pas banale. Le grand-père d’Erick, Manuel De Sousa, un chef d’orchestre portugais, était venu se battre dans l’Est de la France pendant la Grande Guerre avant de s’y installer définitivement. À la génération suivante, son fils Antoine avait épousé Zoémie Bonville, héritière d’une dynastie de vignerons solidement établie à Avize. C’est de cette union qu’est né le domaine repris par Erick en 1986.

Le jeune homme saura le valoriser avec talent aux côtés de son épouse Michelle. Dans les années 2000, il amorce avec courage le virage bio, tandis que les années 2010 le verront prendre le chemin de la biodynamie, désormais épaulé par ses trois enfants, Julie, Charlotte et Valentin. Chacun a sa spécialité : Julie, passionnée par le labour à cheval, est davantage portée sur le travail viticole, Charlotte, titulaire du master de l’OIV, gère la partie commerciale, et Valentin suit les vinifications. Erick De Sousa avait ainsi soigneusement préparé la transmission et si la famille pleure aujourd’hui ce père visionnaire qui avait su façonner avec autant de poésie que de précision cette jolie marque, on ne doute pas qu’elle saura faire vivre encore longtemps son héritage et en particulier ses cuvées emblématiques aux noms si évocateurs : « Caudalies » « Umami »…

Notre équipe s’associe à la peine de sa famille et lui présente ses plus sincères condoléances.

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