Après une conjoncture plus que difficile, Jean-Luc Sylvain, président de la Fédération des Tonneliers de France, fait preuve d’optimisme malgré les coûts des matières premières, des énergies et des transports qui ne cessent de grimper.

Crise sanitaire, gelées de printemps en France en 2021, incendies aux Etats-Unis, le secteur de la tonnellerie n’a pas été épargné ces derniers temps ?

L’année 2020 avait été compliquée pour la tonnellerie française. La crise sanitaire avait stoppé les activités de mars à juin. Par précaution les clients avaient baissé leurs achats. Puis en septembre des incendies avaient ravagé une partie du vignoble de l’ouest américain. En 2021 les vendanges ont été globalement faibles, en France comme dans la majorité des pays. Nos entreprises ont par ailleurs dû faire face à l’augmentation des coûts des matières, du transport et des assurances.

Mais la période post-covid semble prometteuse, n’est-ce pas ?

Si les gelées du printemps 2021 expliquent un fort recul des ventes en France (-12%), l’export est lui en hausse de 9%. A l’échelle mondiale, le marché du fût progresse de 2% en valeur, tout en restant stable en volume. Ces premiers résultats post-covid sont donc de bon augure. Une campagne hémisphère sud satisfaisante et des ventes plus précoces qu’à l’habitude aux États-Unis ont récemment rassuré la profession. Les indicateurs laissent aujourd’hui penser que notre activité va retrouver une bonne dynamique si les coûts des matières premières, des énergies et des transports restent contenus.

S’agissant des tailles de fûts utilisées par les vignerons, les gros contenants ont-ils toujours la cote ?

Les vignerons continuent indéniablement de plébisciter l’élevage sous-bois, mais certains cherchent à modérer davantage l’impact du boisé, ce que permettent les grands contenants. Je rappelle qu’on parle ici de contenants d’un volume supérieur ou égal à 700 litres. L’essor de l’activité grands contenants de nos adhérents constaté ces dernières années se poursuit, puisque toutes tailles confondues, le volume total représenté en hectolitres augmente de 46,7%.