Dans la vallée du Rhône, le vignoble du Ventoux n’a pas été épargné par le gel qui a sévi dans la plupart des bassins de production français. 50% de l’appellation a été touché.

Le vignoble du Ventoux a subi deux épisodes de gel, le premier dans la nuit du jeudi 20 au vendredi 21, le second du vendredi au samedi 22 avril. « Tous les secteurs de l’appellation sont touchés du Nord en allant vers le Sud, annonce Anne-Sophie Benard, directrice du syndicat des vignerons de l’appellation. Ce qui a été fatal ce n’est pas tant la baisse des températures, elles sont descendues en dessous de trois degrés, que la durée de cette coulée d’air froid qui s’est répandue sur le vignoble pendant trois longues nuits. » Après une première enquêté réalisée auprès des vignerons, le syndicat comptabilise 3650 ha impactés, soit la moitié du vignoble. Les dégâts sont toutefois variables. « Nous estimons à 240 ha les parcelles gelées à 100%, poursuit la responsable. Ailleurs, nous évaluons les pertes entre 50 et 95%. » « Ces chiffres sont toutefois à prendre avec précaution, ajoute t-elle. Les vignerons sont sous le choc. Ils ont dû mal à apprécier la réalité des dégâts sur le terrain. » Pour ces derniers, c’est un véritable coup dur. « Ici, le revenu à l’hectare reste encore modeste, fait valoir un responsable professionnel. Les situations de certaines exploitations pourraient s’avérer préoccupantes. »

Pour l’heure, il est encore trop tôt pour mesurer les conséquences de cette gelée sur la récolte à venir. En 2016, l’appellation a produit 272 000 hl. Ce qui est certain, c’est qu’elle n’atteindra pas ce niveau cette année.

La clairette de Die également impactée

Selon une évaluation réalisée par la cave de Die Jaillance et la chambre d’agriculture de la Drôme, 50 à 60% du vignoble du Diois ne produira pas cette année à cause des méfaits liés au gel. Ces estimations seront affinées après la floraison de la vigne. Le syndicat de la clairette de Die travaille en collaboration avec les pouvoirs publics pour trouver des solutions permettant d’atténuer la souffrance morale et financière des vignerons les plus touchés.