(photo AFP)
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Le ministre australien du Commerce, Dan Tehan, a menacé samedi de porter devant l’Organisation mondiale du Commerce la surtaxe “injustifiée” imposée par la Chine sur les vins australiens importés.

Dans une dernière salve de mesures adoptées dans un contexte de tensions diplomatiques exacerbées entre Pékin et Canberra, dès dimanche, les importations de vin australien seront donc soumises à des surtaxes compensatoires comprises entre 116,2% et 218,4%, a annoncé Pékin vendredi.

Le ministre Tehan a affirmé qu’ainsi il devenait “quasiment impossible” pour les vins australiens d’être compétitifs sur le marché chinois. “Cette mesure adoptée par le gouvernement chinois est particulièrement décevante et complétement injustifiée”, a-t-il dit à la presse à Melbourne. “Nous allons examiner les pas suivants à faire, et cela signifie porter l’affaire devant l’Organisation mondiale du Commerce”.

La Chine a annoncé vendredi l’imposition de lourdes mesures antidumping contre les vins australiens importés. Le dumping, dont la Chine accuse l’Australie, est une pratique qui consiste à vendre à l’étranger à des prix inférieurs à ceux pratiqués sur le marché national.

Les exportations de vin vers la Chine ont atteint en 2019 le montant record de 1,3 milliard de dollars australiens (900 millions de dollars), selon les données du gouvernement australiens, soit le marché le plus important de par sa valeur pour ce produit.

L’année dernière, l’Australie avait encore demandé à l’OMC d’enquêter sur les taxes chinoises sur les importation d’orge, suite à une série de sanctions économiques visant des produits australiens sur le vaste marché chinois.

Les relations diplomatiques entre les deux pays ont atteint leur niveau le plus bas depuis la répression sanglante en 1989 de la manifestation de la Place Tiananmen. Beaucoup voient ces sanctions comme une rétorsion après que l’Australie a bloqué les investissements chinois dans des secteurs sensibles, de même qu’après les appels publics sur une enquête pour identifier les origines du coronavirus.

Le Premier ministre australien Scott Morrison, parlant à Sydney, a accusé Pékin d’utiliser les taxes comme mesure de “représailles”. M. Morrison a également dit que son pays s’est rangé aux côtés du Premier ministre britannique Boris Johnson après que la Chine a adopté des sanctions contre plusieurs personnes en Grande-Bretagne et dans l’Union européenne pour leur soutien à la minorité musulmane ouïghour de la province de Xinjiang, contre laquelle Pékin est accusé de se livrer à des abus. “Alors Boris, bien joué mon pote, nous sommes avec toi et merci à toi d’être aux côtés de l’Australie”, a-t-il dit.