(photo Inter Beaujolais/Bistrot Beaujolais)
(photo Inter Beaujolais/Bistrot Beaujolais)

Le tout premier confinement n’a épargné personne, et surtout pas le moral de la plupart des vignerons. Dans un contexte où la taxe Trump se cumulait avec une fermeture des restaurants et un confinement dur, il y avait de quoi paniquer. Bilan à J+1 an et trois mois avec le président de l’interprofession des vins du Beaujolais, Daniel Bulliat.

L’année 2019 se terminait pourtant bien, avec une dynamique positive à 9%, ce qui fut sans conteste la belle surprise de la fin de la décennie.
L’orage Trump et la tempête Covid ont entraîné une chute des ventes à l’export ainsi qu’en CHR (de l’ordre de 15%), mais les commandes ont pour la plupart été reportées. Certains secteurs ont même parfois quasiment compensé les pertes de ces canaux commerciaux, avec un bond des ventes en grandes surfaces et chez les cavistes.
Au point que cette année, certains se sont retrouvés en rupture de stock de Beaujolais Nouveau, faisant mentir la tendance de bouderie infligée au primeur.
Si en moyenne, les salons auxquels participent les vignerons particuliers permettent de générer 10 à 15% des recettes, la mise en place de systèmes de livraison à domicile pendant les confinements et la réactivité des vignerons comme des consommateurs ont permis d’amortir les pertes liées à l’annulation des événements.

L’exercice s’achève sur une note positive : sur la période allant du 1er août 2020 au 30 mai 2021, les objectifs ont été atteints avec deux mois d’avance.

Points de vigilance et grands objectifs de la mandature

Cette note d’espoir ne fait pas oublier au vignoble les fragilités qui l’occupent et les pistes d’amélioration indispensables à explorer.
Si la dernière bonne récolte datant de 2018 a permis de tenir jusqu’à présent, celle de 2021 s’annonce plus faible.
Et bien que le marché ait terminé en hausse, ce qui ne s’était pas produit depuis 2003, la confiance n’est pas encore totalement retrouvée dans le vignoble, les cours devant, en termes de valeurs, évoluer encore.
Quant au marché export, il boude encore un peu (trop) les Beaujolais des crus, or les Beaujolais Villages restent une appellation pleine d’enjeux : trop d’arrachages sont encore pratiqués, alors que les terroirs y sont splendides, notamment pour les chardonnay qui s’expriment à merveille sur ces beaux argilo-calcaires.
Augmenter les parts de marchés des crus, prévenir l’arrachage dans les appellations Beaujolais et Beaujolais Villages, continuer à favoriser la transition écologique du vignoble, prier pour que la taxe Trump ne revienne jamais, favoriser l’installation des jeunes vignerons, faire reconnaître certains terroirs en climats ou dénomination géographique complémentaire : les paris de la mandature ne manquent pas.
Retrouver la confiance, valoriser le vignoble et le développer sont les principales ambitions du nouveau président pour son territoire.