Certains chantiers attirent plus l’attention que d’autres. C’est évidemment le cas au château Lynch-Bages où les retards se sont accumulés. Mais tout devrait être prêt pour la vendange 2020.

En l’espace de quelques années, le Bordelais a été touché par une vague de modernisation sans précédent de ses installations techniques. Une grande partie des châteaux les plus prestigieux ont engagé des travaux colossaux pour maintenir leurs outils de production au plus haut niveau. Le château Lynch-Bages, propriété de la famille Cazes, ne pouvait évidemment pas rester à l’écart de cette lame de fond. Comme nous vous l’expliquions l’an dernier, d’importants investissements ont donc été décidés pour transformer le chai, le cuvier et les espaces de réception. La famille Cazes espérait que tout puisse être prêt pour accueillir la vendange 2019. Malheureusement, travaux riment presque inévitablement avec retard. A date, si Jean-Charles Cazes assure que le chantier a bien avancé et est en bonne voie, les nouveaux aménagements n’ont pu être utilisés pour le dernier-né des millésimes. “Si les cuves sont bien en place et le chai quasiment achevé, nous souhaitons que tout soit terminé avant d’investir les lieux”. Parfois, le diable se niche dans les détails. Ce sont notamment des escaliers hélicoïdaux qui ont posé des problèmes aux serruriers et entraîné près d’un an de retard, tout comme la porte d’arrivée de la vendange qui vient des Etats-Unis et qui n’a pas été livrée en temps et en heure. Une partie des nouveaux vins devrait toutefois pouvoir être entonnée dans le nouveau chai et le millésime 2020 devrait pleinement être produit dans des installations flambant neuves.

Le saviez-vous ?

La famille Cazes est également propriétaire du domaine des Sénéchaux à Chateauneuf-du-Pape. Point de travaux de grande ampleur là-bas mais des vins qui n’en sont pas moins à découvrir. 23 hectares de rouge, 3 hectares de blanc. Ce dernier est bien typé Rhône sud. Profitant de sols sablo-argileux calcaires en légère altitude, il s’avère bien équilibré, explosif de fruits et marqué par une pointe de violette. Un vin tapissant au gras précis et aux amers délicats, apte à vieillir admirablement bien et qui donne, quelques années plus tard, une complexité aromatique très intéressante. Le 2012 développe ainsi actuellement des notes de cire, de fleurs ainsi qu’une touche citronnée. Les vins rouges du domaine ne sont pas en reste. Le 2016 à dominante de grenache noir (60%) réjouit dès le nez dont la complexité est évidente. En bouche, le vin est droit et doté d’un fruité ultra précis. Le résultat du travail discret de Bernard Tranchecoste et de son équipe. Et la preuve que les bordelais ont ouverts sur les autres régions et s’y investissent aussi pour le meilleur.