Ils ont trente ans, commercialisent depuis un an cinq cuvées issues de terroirs du Languedoc-Roussillon, et ne veulent pas que leur prometteuse activité naissante soit victime des conséquences de l’épidémie de Covid-19, du confinement imposé à la population et de la crise économique qui frappe de plein fouet la CHR (Café Hôtellerie Restauration).

Anthony Aubert vient du monde du marketing, Jean-Charles Mathieu du monde bancaire. Après des expériences professionnelles aux USA et en Asie, les deux amis sont revenus sur leurs terres audoises, à Carcassonne, pour créer et développer leur entreprise de micro-négoce : Aubert & Mathieu. « L’idée était de dépoussiérer l’image vieillotte des vins du Sud de la France en faisant découvrir nos cuvées fraîches, gourmandes, écoresponsables, aux 25-40 ans, les millennials, plutôt urbains, dans des packagings sympas » précise Anthony Mathieu. 60 % de leur vente sont effectuées à l’export, le reste essentiellement sur Paris. Leurs bouteilles premium – 12 € à 25 € – sont placées chez des cavistes, de belles brasseries et même un étoilé Michelin.

« Notre croissance est là mais fragile, poursuit Anthony Mathieu. Du jour au lendemain, nous ne faisions plus de vente. Nous avons bien un site en ligne mais cela ne suffit pas. Il fallait générer et ramener du trafic. Nous avons pris le tournant du digital. » Clips décalés, concours autour de leur vin tout autant décalé, vidéos diffusées par les cavistes… Aubert & Mathieu fait appel à des sommeliers, influenceurs, clients fidèles pour relayer les messages… Le résultat ne s’est pas fait attendre. La fréquentation du site de vente et les commandes ont explosées : +200 %. « Nous passons nos journées le téléphone rivé à nos oreilles mais cela vaut le coup. Nous pourrons franchir le cap de la crise, espère Anthony. Nous proposons la livraison gratuite à partir de 30€ de commande. Ailleurs sur la toile, des vignerons demandent d’acheter un minimum de 6 ou 12 bouteilles, soit 200€. Je ne les comprends pas. »