Installé à Tresques, dans le Gard, le groupe Perret a gardé son indépendance et son histoire familiale, en matière d’agrofournitures. Les clignotants passent au vert pour l’entreprise de 540 employés.

C’est Antonin qui a fondé l’entreprise en 1880, à Bagnols-sur-Cèze. Il faisait commerce de grains, d’engrais et de produits pour la vigne. Bernard Perret, la quatrième génération, a repris les commandes en 1985. « La société comptait 13 salariés pour un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros. Six ans plus tard, on l’avait multiplié par 3 et créé notre holding, le Groupe Perret, avec le rachat d’OMAG, en 1991 », précise l’ingénieur, devenu PDG. Dès lors, chaque année, les acquisitions se succèdent au fil des opportunités. Le réseau AGROSUD est créé pour mieux acheter les produits phytosanitaires auprès des grandes firmes. Le rayon d’action est gardois, puis s’étend au fur et à mesure vers le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône, le Var, la Drôme. A chaque rachat, les salariés sont intégrés. Il n’y a pas de plan social avec Bernard Perret.

A l’étroit dans ses locaux, le groupe construit en 1999 son siège de 3 hectares, à Tresques. En 2005, il devient le deuxième négoce de France sur l’activité distribution et le septième pour les produits phytosanitaires. Mais la crise viticole de 2002 rebat les cartes, une diversification s’impose dans ce paysage essentiellement viticole. La sortie de crise (qui a duré de 2003 à 2009-2010 où il a perdu 25 % de son chiffre d’affaires), il choisit de diversifier son métier historique de l’agrodistribution (produits de protection des plantes, engrais, matériel de palissage, petit outillage…), vers d’autres secteurs : fertilisants foliaires, matériel de cave, matériel agricoles, d’irrigation, engrais organiques, avec la création d’une société dédiée BIOTECH. Le catalogue s’étoffe et le maillage régional couvre tout l’arc méditerranéen, jusqu’à la Corse.

Un tournant très bio

En 2020, entre rachat des établissements Couturier à Violès, prise de participation, création, le groupe consolide son CA qui se monte à 199 millions d’euros et 540 salariés. En vrai challengeur, Bernard Perret dynamise l’entreprise. S’il a su s’orienter vers l’arboriculture, le maraîchage, les grandes cultures et les espaces verts, Bernard Perret est un spécialiste de la vigne, qui représente 55 % de son activité. Avec son bon sens paysan, il a acquis 154 hectares, en IGP, Côtes du Rhône et Côtes du Rhône Villages Laudun et Chusclan, en s’associant à un jeune vigneron David Givaudan pour la commercialisation. Certifié HVE, le vignoble se divise en trois domaines dont l’un de 26 hectares : « Les Boutes », est en conversion bio. Il expérimente couverts végétaux, épandage de thé de compost, phytothérapie…. En adéquation avec la réalité du terrain, il a vite compris que les produits phyto n’avaient aucun avenir. Aujourd’hui, ils représentent 20 % du CA, dont 36 % sont des solutions bio.

Lors du dernier congrès AGROSUD, en octobre dernier, qui réunit les négoces agricoles du sud de la France, association dont il est président, il disait : « « Nous avons deux atouts majeurs : notre expertise agronomique et notre proximité et connaissance du terrain. Pour autant, dans le contexte de « green deal », de montée en puissance des variétés de vigne résistantes ou encore des aléas climatique, notre salut passera par l’augmentation de la valeur sur les produits de protection des plantes et surtout la mise en œuvre de biosolutions. Nous devrons également être plus à l’aise dans des domaines tels que le numérique, la robotique et la génétique. Si nous arrivons à suivre cette stratégie, nous serons capable d’accompagner nos clients vers une agriculture plus verte et plus durable ».

Le groupe Perret va continuer à grandir pour assurer sa pérennité face à des géants comme Axéréal, Soufflet… aux CA de plusieurs milliards d’euros. La création d’un site Internet de vente est en projet. Son principal capital est ses forces vives sur le terrain car « les biosolutions demandent un accompagnement beaucoup plus précis et étroit des agriculteurs. Il faut aussi pouvoir tester les solutions avant de les vendre et ainsi garantir une efficacité. L’obligation de résultat qui incombe à un distributeur ».

www.groupeperret.fr