En poste à Narbonne à La table Saint-Crescent, il a participé avec 400 personnalités au grand débat organisé à L’Élysée sur le thème des diasporas africaines.

Quand Michelin a fait de lui son sommelier de l’année en janvier dernier, Albert Malongo Ngimbi n’imaginait pas que ce titre le conduirait quelques mois plus tard au palais de l’Élysée. Car sans ce coup de projecteur, il en est certain, les responsables de l’organisation du grand débat sur le thème des diasporas africaines ne l’auraient jamais sollicité. « Ils ont appelé au restaurant pour m’inviter à rejoindre les 400 personnalités issues de tous les horizons, du football avec Lilian Thuram au rap avec Abd al Malik. Des gens qui comme moi, par mon père congolais, ont tous des origines africaines. »

Ce jeudi 11 juillet, Albert Malongo Ngimbi a donc franchi le porche du palais présidentiel pour rejoindre l’une des salles de réception où Emmanuel Macron et son homologue ghanéen Nana Akufo-Addo étaient avant tout à l’écoute. Car la France a bien conscience que son image est écornée auprès de populations d’origine africaine mal à l’aise face à certaines évolutions de sa société. « Plusieurs invités se sont exprimés pour donner leur vision de l’Afrique et la perception de leur place en France. Et comme il s’agissait d’un débat, les Présidents ont répondu. Mais je crois avant tout qu’il s’agissait pour eux de comprendre les attentes d’une population qui veut évoluer ici.. Cet intérêt porté au peuple africain par M. Macron souligne que le pays a besoin de nous et qu’il ne faut pas être négligé en raison de sa couleur de peau… »

Acteur d’un projet au Sénégal

Des gens qui ont trouvé leur place dans l’Hexagone sans pour autant couper avec leurs racines même si, comme le sommelier, beaucoup n’ont encore jamais mis les pieds sur le continent africain. « La préparation de cette journée à l’Élysée m’a obligé à approfondir un peu plus mes connaissances sur notre histoire familiale. Et bien entendu j’ai très envie d’aller au Congo avec mon père pour partager les souvenirs qu’il a là-bas et découvrir mes racines. Tout comme je souhaite accompagner ma maman en Martinique, sa terre natale. »

Mais avant le Congo, c’est le Sénégal qui devrait l’accueillir début 2020 sans doute. « Avec quelques autres professionnels de la restauration nous soutenons un ami qui a construit un hôtel de 22 chambres, L’Ecrin, et qui achève l’aménagement d’un restaurant. A ses côtés, notre but est de partager un savoir-faire. »

Les voyages autour du vin le passionnent avec une démarche similaire à celle qu’il peut mener sur ses origines familiales. « Pour comprendre un vin, il est essentiel de connaître l’homme qui le produit, son histoire et surtout le terroir qu’il travaille. Après cinq ans à Narbonne, je ressens cette envie de m’ouvrir au monde et d’élargir mes connaissances », conclut Albert Malongo Ngimbi. Dans un an, à l’occasion Saison Africa 2020, il pourrait être invité à Bordeaux et en profiter, comme à Paris, pour rencontrer notamment d’autres conseillers d’états africains.