(photos : Isabelle Bachelard)
(photos : Isabelle Bachelard)

Du 7 au 29 juillet, le Tour de France traverse de nombreux vignobles. Terre de Vins vous donne rendez-vous chaque semaine pour découvrir l’un ou l’autre de ces vignobles, des classiques de Gascogne et de la vallée du Rhône aux raretés de Vendée ou même de Normandie. Aujourd’hui, de la Savoie à la vallée du Rhône.

Lorsque le Tour de France aborde la Savoie, c’est pour ses côtes raides et ses lacets. On profite de paysages magnifiques, de pâturages verts qui ressortent sur fonds de cimes enneigées, mais on ne voit guère les vignes. Il est vrai que le vignoble n’est pas très grand : ses 2 100 hectares ne produisent pas 1% des vins d’appellation de France. Aujourd’hui, la plus grande partie du vignoble est concentrée dans le département de la Savoie, en particulier la Cluse et la Combe de Savoie, à l’est de Chambéry, sur la route d’Albertville, de Val d’Isère et de La Rosière, la station qui a accueilli l’arrivée du Tour de France ce 19 juillet.

Surtout des blancs en Savoie

Contrairement à ce que l’on pense, le climat savoyard – là où sont plantées les vignes – n’est pas très rigoureux. La neige n’y tient guère car l’exposition, sud et sud-est principalement, permet une bonne maturation des raisins. Ce sont tout de même surtout des blancs, qui représentent les deux tiers de l’encépagement. Parmi la vingtaine de cépages, on trouvera surtout la jacquère, qui produit les vins vifs d’Apremont, Abymes et Chignin. Dans le reste de la Savoie et en Haute-Savoie, des cépages encore plus rares donnent naissance à des micro-appellations tel Seyssel ou Frangy, des vins à la forte personnalité, à découvrir sur place tant la production est confidentielle. À savourer aussi, surtout lorsqu’ils ont un peu vieilli, les rouges épicés issus de mondeuse et les blancs chignin-bergeron.

La roussanne, trait d’union

Les vignobles de Savoie et de la vallée du Rhône ont en commun un cépage, la roussanne, appelée bergeron en Savoie, qui donne des blancs amples et riches, aux parfums complexes. Ils gagnent à vieillir plusieurs années pour donner leur vraie dimension. Dans le nord de la vallée du Rhône, juste au sud de Lyon, ils sont majestueux à l’Hermitage et Saint-Joseph. L’autre grand blanc de cette zone est le condrieu, issu du cépage viognier, qu’on peut apprécier dans sa jeunesse pour ses parfums d’abricot et sa bouche veloutée. Les rouges du nord de vallée du Rhône, entre Lyon et Valence (arrivée du Tour ce 20 juillet) sont tous issus du cépage syrah, aux arômes de fruits noirs et de poivre, à la bouche ample, structurée, mais veloutée avec l’âge : Crozes-Hermitge et Saint-Joseph séduira les impatients, Hermitage, Cornas et Côte-Rôtie ceux qui savent attendre.

Au pays du grenache

Le sud de la vallée du Rhône est le pays du grenache, le cépage qui donne une grande partie de son caractère au châteauneuf-du-pape et à ses amis côtes-du-rhône, côtes-du-rhône-villages, vacqueyras, cairanne et autres rasteau, du Vaucluse et de l’Ardèche. À découvrir aussi les appellations moins connues comme les Côtes-du-Vivarais, rive droite, et Grignan-les-Adhémar, rive gauche, d’où s’élance la 14ème étape du Tour de France le 21 juillet, à Saint-Paul Trois-Châteaux.