©Phil Labeguerie
©Phil Labeguerie

C’est sous un temps magnifique que les vendanges se déroulent en bordelais. Avec une température quasi estivale, le Château Les Carmes Haut-Brion voit les vendangeurs s’approprier les vignes pour couper les derniers merlots.

Dans le vignoble, Guillaume Pouthier, le directeur général, et Stéphane Derenoncourt, le consultant, goutent les raisins pour décider de la meilleure date de vendange pour les cabernets.

« C’est un millésime très identitaire », explique Guillaume Pouthier. « Cela nous a demandé un vrai travail physique avec des créneaux de passage très faibles. Nous avons réalisé 17 traitements au lieu de 10 » ajoute-t-il. (NDLR : traitement ne signifie pas produits chimiques, mais, dans ce cas, lutter contre les périls de la vigne avec des tisanes et autres décoctions naturelles).

« On n’a pas effeuillé, on a travaillé les sols pour remonter le maximum d’eau et nous avons réalisé des traitements à la camomille et à l’arnica pour aider la plante à lutter » contre les différents soucis du millésime. « Le but était d’affiner les équilibres et les finesses de tanins ».

« Ce n’est pas un millésime de sècheresse grâce aux réserves d’eau du printemps », ajoute Stéphane Derenoncourt. « C’est plus un millésime de chaleur que de sècheresse. On a démarré en cauchemar et ça finit en rêve ! »

Un rêve de vigneron tant la fenêtre de ramassage est large. Une largesse qui peut donner des ailes à certains. Stéphane Derenoncourt prévient : « il faudra vendanger juste, car le comportement des sols est lié aux argiles ». Effectivement, les argiles ont apporté une meilleure régulation en eau tout au long de cet été très chaud ce qui est un avantage indéniable pour ce millésime si particulier. « Nous devrons trouver le compromis entre des arômes frais et des tanins acceptables. C’est un millésime très tannique cette année. Également un millésime bien alimenté par le feuillage donc avec des peaux épaisses et c’est déconcertant car elles ne se tannent pas comme d’habitude ».