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Les folles ambitions des rhums arrangés Ti’Ced

Auteur

Frédérique
Hermine

Date

22.03.2024

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Créés par Cédric Brément en 2011, distribués et rachetés par Dugas en 2018, les rhums arrangés Ti’Ced prévoient de faire décoller leurs ventes depuis l’intégration de la marque dans le groupe Stock Spirits.

Cédric Brément s’était lancé dans les rhums arrangés, bio de surcroît, dès 2011 bien avant que la catégorie ne rencontre un tel engouement. La success story de la petite entreprise bretonne à qui il avait donné son sobriquet (Ti’ Ced) avait séduit Dugas, d’abord comme distributeur avant qu’il ne la rachète en 2018. L’ananas Victoria (20 % des ventes) avait largement contribué au décollage de cette marque artisanale qui avait vite pris de l’ampleur. Citron-gingembre, mangue-passion, vanille-noix de macadamia, banane-cacao, carambole-passion, ananas-caramel beurre salé, kumquat-café… avec des vieillissements en fûts de chêne, ont également séduit les consommateurs au point que la marque s’est hissée sur le podium des ventes du portefeuille Dugas. « Avec la fermeture des bars pendant le Covid, les rhums de Ced avait décollé chez les cavistes et Dugas avait investi 3,4 M€ dans l’agrandissement de l’atelier, près de Nantes, pour quadrupler la superficie », explique Guillaume Robert, qui a pris la suite de Cédric Brément à la tête de Ti’ Ced lorsque le fondateur a passé la main et après le rachat de Dugas par le groupe Stock Spirits en 2022. 

Un produit franco-français à exporter
L’entreprise a également recruté un grand ambassadeur, le barman Martin Bécot, et optimisé sa production en vrac. Elle s’attèle également à internationaliser ses débouchés, à commencer par la Belgique, l´Italie, le Québec, Shanghai.... Le rachat par Stock favorise une plus grande ouverture à l’export (actuellement 7 % de la marque), notamment grâce à une filiale en Europe centrale, et offre des opportunités d’optimisation des commandes comme pour les bouteilles. « Mais les rhums arrangés restent, à l’heure actuelle, une spécialité très franco-française, reconnaît Guillaume Robert. Il faut d’abord faire de la pédagogie avec les produits en particulier pour expliquer les fruits dans la bouteille, avant de pouvoir vendre à l’export. » 

Priorité Cavistes
Les cavistes restent toutefois la priorité du groupe. Ils bénéficient d’ailleurs d’innovations locales avec des finishs en fûts de calvados, de cognac, de vins selon les régions. Le catalogue compte pas moins de 22 recettes (environ quatre nouveautés par an) dont une dizaine d’éditions limitées. Dernière création en date : vanille-noix de macadamia à double vieillissement en fûts de cognac et de whisky irlandais Teeling (35-40 €) dotée d’un nouvel habillage signé par l’artiste de doodle art PMH, pour fêter les 10 ans de la recette. Les variantes sont en général co-créées à partir d’une idée du caviste « car c’est lui qui travaille la marque. Nous intervenons seulement en support pour lui expliquer nos contraintes. La condition préalable, outre le fait qu’il doit déjà être distributeur des rhums Ti’ Ced, est qu’il visite le site de production et déguste les bruts de fûts avant les discussions autour des fruits, sur l’adéquation alcool-prix, le positionnement dans la gamme, la cohérence avec son magasin... et une précommande de 360 bouteilles. » Les rhums arrangés oscillent entre 32 et 42 € ; le 32° de la gamme classique étant la référence la plus consommée. « On peut quasiment utiliser tous les fruits ; La principale limite est le possible changement de l’aspect visuel dans la bouteille comme avec la menthe qui noircit ou la goyave qui se transforme en purée, précise Guillaume Robert. Il faut que ça reste appétent. »

Le site de Loire-Alantique produit 600 000 bouteilles par an en moyenne (13 000 en 2011) dont quelques marques de distributeurs, les gammes de Dugas et depuis 2023, les déclinaisons Ti Chaça à base de cachaça brésilienne. Il est prévu d’atteindre le million de bouteilles d’ici deux ans. Une offre de spiritourisme avec quelques créneaux de visites par jour pour le grand public devrait être testée cet été faisant suite aux traditionnelles portes ouvertes de juin. La tournée des bars de plage initiée il y a 5-6 ans sera par ailleurs reconduite en 2024.