Photo: F. Hermine
Photo: F. Hermine

Le programme du nouveau président des vins de Provence Eric Pastorino se veut ambitieux et collectif pour que les rosés de Provence restent La référence de la couleur au niveau mondial et pérennisent leur succès avec une image de plus en plus premium.

Le nouveau président des vins de Provence l’avait promis dès son arrivée en juillet dernier, il voulait un plan stratégique ambitieux « pour que le rosé de Provence reste le rosé des rosés et deviennent une marque collective iconique dans le cadre des AOP ». Les vins des trois appellations, Côtes-de-Provence, Coteaux Varois-en-Provence et Coteaux d’Aix-en-Provence sont déjà bien valorisés avec un prix moyen qui a bondi de 5,50€ à 8,32€ en une décennie. En 10 ans, la commercialisation s’est diversifiée avec un amenuisement de la part des ventes en grande distribution au profit de celle à l’international, en particulier aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne et sur un nombre de marchés plus important. « Nous n’avons pas vocation à être leader partout et nous devons faire le deuil des rosés entrée de gamme à moins de 4€ . En termes de concurrence, nous regardons surtout de près les rosés italiens d’appellation », précise le directeur Brice Eymard. Car si la France reste très bataillée, l’export est clairement dans une démarche de premiumisation. Par ailleurs, le niveau des stocks est remonté « ce qui permet déjà de bénéficier de volumes pour approvisionner les marchés actuels et d’avoir une réserve pour lisser les aléas climatiques mais seulement sur une année et à condition de disposer d’un stock qualitatif »

Plus d’investissement dans l’agroécologie et l’œnotourisme

Après deux jours d’intelligence collective pour pérenniser le succès de deux décennies et la montée en gamme des vins, ont émergé des axes forts comme la capitalisation sur l’art de vivre provençal via l’œnotourisme, la prise en compte collective des enjeux environnementaux et de la transition agroécologique par la mutualisation des services techniques, la diffusion des bonnes pratiques et la professionnalisation pour accompagner la premiumisation. Cette stratégie sera suivie par un nouveau pôle technique chargé de coordonner les actions au vignoble (programme EnViProv – lire article du 10 novembre) avec un objectif 2030 de 100% du vignoble engagé en bio ou HVE, et un nouveau pôle Communication et Marketing pour garantir l’image de la marque sur les principaux marchés. Des moyens supplémentaires vont également être affectés au développement de l’œnotourisme pour un travail sur le territoire davantage en réseau, en structurant l’offre et en travaillant sur une meilleure qualité de l’accueil. Des enveloppes budgétaires sont également prévues pour le renforcement de l’Observatoire mondial du rosé, la création d’une chaire scientifique du rosé avec Kedge Business School, la reconnaissance à terme du rosé de Provence au patrimoine mondial de l’Unesco, la mise en œuvre d’un think tank avec d’autres vignobles spécialistes du rosé comme avec la première opération avec le Valtènesi italien, près du lac de Garde, dans le cadre d’un programme financé par l’Europe. Pour travailler l’image et la notoriété, les vins de Provence vont réfléchir à un événement d’envergure internationale dans un lieu emblématique pour attirer en région les professionnels et les prescripteurs. Ils vont également poursuivre la stratégie de présence digitale. « Notre vignoble est à un tournant clé et il faut vite franchir l’étape supplémentaire, estime Eric Pastorino. Comme je suis issu de la coopération [il est président des Vignerons de Gonfaron depuis plus de 20 ans], je crois en l’importance du collectif pour porter un projet avec un budget qui n’a jamais été aussi gros grâce aux programmes européens, à France Relance et aussi par les reports des actions depuis un an et demi »