Alors que le volume global des ventes d’armagnac fléchit quelque peu, les exportations restent le point fort de la plus vieille des eaux de vie, en progressant de 6 % en volume (+24% en cinq ans).

Ce ne sont pas les chiffres définitifs, mais déjà ils donnent une bonne image de ce qu’a été l’année 2012 pour l’armagnac. À quelques heures de la tenue, à Eauze, de l’assemblée générale du Bureau national interprofessionnel de l’armagnac (BNIA), qui devrait voir arriver à la présidence Corinne Lacoste, qui succéderait en juin à Pierre Tabarin, ces éléments devraient être eux aussi commentés.

Dans un marché difficile, dans lequel même l’autre eau-de-vie de référence, et largement leader, le cognac, connaît quelques difficultés, l’armagnac devrait voir les chiffres 2012 se stabiliser sur un volume total – exprimé en équivalent bouteilles – d’un peu moins de 6 millions de cols. Soit un recul, toujours en volume, de 7 %. Pour la France, la baisse est de 9 %.

L’export progresse de 6 %

La faiblesse, il faut surtout aller la chercher sur la partie que ne maîtrise pas la profession : les « utilisations ». En clair, tous les usages faits de l’eau-de-vie pour autre chose que de l’armagnac : vins vinés, brandy, liqueurs, fruits à l’eau-de-vie… Là, le recul est, toujours en volume, de 21 %.

La répartition globale des volumes confirme la tendance de ces toutes dernières années : 57 % à l’export, 43 % pour la France.

Mais les chiffres révèlent une autre tendance qui colle, elle, aux objectifs du BNIA. La vente bouteille globale est passée en 5 ans de 69 % à 73 %, et les « utilisations » à 27 %.

C’est à l’export que la donne change. En volume, les exportations progressent de 6 % et, dans le même temps, le chiffre d’affaires grimpe de 22 % et atteint 28 millions d’euros. Ce qui marque l’engouement des clients étrangers pour les armagnac haut de gamme. La Chine confirme sa position. Le pays au milliard quatre cents millions d’habitants pèse 24 % du chiffre d’affaires export de l’armagnac et 22 % de ses volumes sortis de France.

Haut de gamme

La Russie, autre client de poids, représente respectivement 14 % et 10 %, Hong Kong 8 et 9 %. Derrière arrivent la Grande Bretagne et les USA.

Sur les cinq dernières années, la progression de l’armagnac à l’exportation est fulgurante : + 24 % en volumes, mais + 46 % en chiffre d’affaires. Confirmation sur la durée du goût des Chinois, mais également des Russes, pour le luxe et les produits haut de gamme. L’armagnac de plus de 10 ans d’âge voit sa part à l’exportation passer de 23 % à 28 %.

Philippe Andréoulis