Hier, dans le cadre chaleureux d’un bistrot du centre-ville bordelais, Alain Brumont, grande figure du Madiran, faisait goûter ses vins à quelques heureux élus autour des accords mets et vins. L’occasion pour l’inlassable globe-trotter de faire le point sur son actualité.

Hier à la Brasserie Bordelaise, une trentaine d’heureux convives étaient réunis pour partager un moment privilégié au côté d’Alain Brumont, incontournable figure de la viticulture du Sud-Ouest. L’homme qui a donné ses lettres de noblesse au Madiran et a rendus célèbres les grands vins de Gascogne dans le monde entier grâce à son Château Montus et son Château Bouscassé était l’hôte d’un déjeuner “accords mets et vins” autour de la truffe.

Le menu jouait la simplicité et donnait la part belle à la tuber melanosporum, star de saison : brouillade d’œufs à la truffe, carpaccio à la truffe, brie truffé… Le tout accompagné de très belles bouteilles – un Montus blanc 1999 d’une superbe onctuosité, un Bouscassé “Les Menhirs” 2002 agréablement fruité, un Montus rouge 2000 d’une rare élégance et un Montus “La Tyre” 2002 puissant, complexe et subtilement corsé. Pour finir par une authentique curiosité : Frimaire 1996, un liquoreux (appellation Pacherenc du Vic-Bilh) développant d’étonnants et persistants arômes de truffe blanche ! De circonstance…

Dans les étoiles

Bien entendu, ces nectars ont ravi les gourmets qui avaient répondu présent (notamment l’astronaute Patrick Baudry, venu en voisin et en amoureux du vin… en particulier ceux d’Alain Brumont), confirmant leur excellente réputation qui a depuis longtemps dépassé les frontières du Sud-Ouest et de la France. Régulièrement classés parmi les meilleurs vins du monde, à hauteur avec des Opus One, Léoville Las Cases, Domaine de Trévallon, Angélus ou autre Domaine de la Janasse, les vins d’Alain Brumont font l’objet de dégustations croisées régulières, comme prochainement avec les vins de Guigal dans le Rhône ou Antinori en Toscane. Ils seront aussi à l’honneur au Québec au mois de mars, à l’invitation de la SAQ.

Une manière pour Alain Brumont de toujours étendre sa notoriété internationale. Si le Canada et le Japon sont depuis longtemps des marchés “conquis” et fidèles (récemment lors d’une vente aux enchères, le lot proposé par M. Brumont, un séjour pour deux dans son vignoble, a été attribué pour 100 000 €), les amateurs des Etats-Unis n’ont pas tous encore succombé aux charmes du Madiran. Quant à la Chine, marché émergent, Alain Brumont préfère attendre qu’il soit “mature” avant de s’y lancer. Finalement, après une excellente année 2011, l’année 2012 sera aussi celle de la France, avec le désir de développer notamment, le marché parisien. La capitale est promise à succomber au terroir gascon…

Mathieu Doumenge