−	Sandrine Logette-Jardin, Arnaud Chambost, Christian Pechoutre et Carol Duval-Leroy réunis à Vertus pour lancer cette deuxième cuvée (photos Jean Bernard)
− Sandrine Logette-Jardin, Arnaud Chambost, Christian Pechoutre et Carol Duval-Leroy réunis à Vertus pour lancer cette deuxième cuvée (photos Jean Bernard)

Au-delà des liens qui unissent la sommellerie française et la maison de champagne, les Meilleurs ouvriers de France ont établi un partenariat qui se traduit par l’élaboration d’une deuxième cuvée. Un millésime 2010 qui dévoile un vin plus accessible Explications…

Entre l’association des Meilleurs ouvriers de France sommeliers et Carol Duval-Leroy, la pétillante propriétaire de la célèbre maison de champagne basée à Vertus, les relations sont humaines avant d’être commerciales. Des liens qui se sont tissés au fur et à mesure des concours que la chef d’entreprise a décidé de soutenir.

Une proximité qui a incité les MOF à associer leur image à celle de Duval-Leroy. « A l’inverse d’autres métiers, nous n’avons pas de belle œuvre à réaliser dans le cadre du concours, explique Christian Pechoutre, sommelier-formateur à Tours, issu de la première promotion en 2000. Pourtant nous avions envie de créer afin de laisser un souvenir en ce sens. »

« Lorsqu’ils m’ont fait part de leur idée de travailler sur une cuvée qui porterait leur signature, j’ai tout de suite adhéré, se souvient Carol Duval-Leroy. Toutefois, pour la première cuvée les choses n’ont pas été simples, ils ne sont pas venus à Vertus en même temps et ils exprimaient tous des visions et une attente différentes à chaque fois. C’est alors Sandrine Logette-Jardin qui a su fédérer tous ces grands professionnels autour d’un projet. »

En 2013, un champagne de sommeliers

« En 2013, la première cuvée s’appuyait sur une majorité de vins du millésime 2008, une année avec un haut niveau d’acidité. Nous en avions profité pour réaliser un champagne tendu, un champagne de sommeliers que l’on pensait avant tout pour nous », reconnaît Arnaud Chambost, MOF 2000 lui aussi et sommelier-formateur à Dardilly.

« Du coup, le public moins averti avait un peu de difficulté à suivre notre démarche », admet Christian Pechoutre. Peut-être suffisait-il alors de laisser le temps faire son œuvre puisque l’évolution de ce champagne a apporté des éléments nouveaux qui en font aujourd’hui un vin beaucoup plus ouvert et promis, même, à un certain vieillissement.
« Lorsque nous en avons terminé l’assemblage, je savais que l’élément dosage fixé à 4 grammes ne plairait pas à tout le monde et ferait de cette première approche d’un travail qui était totalement nouveau pour eux, un vin pas forcément accessible au plus grand nombre. Mais j’ai respecté leur approche », analyse Sandrine Logette-Jardin.

En 2017, un vin délicat à partager

Afin de poursuivre ce partenariat, la moitié des 18 MOF que compte la profession a pu se réunir autour de la chef de cave. « La première fois, un dîner nous a réunis et m’a permis de poser des questions et surtout d’enregistrer les attentes de chacun. Le lendemain, nous sommes partons de cette base pour établir une hypothèse de travail. Mais pour cette deuxième cuvée, j’avais un petit avantage, je savais quel vin leur proposer. Un 100% chardonnay issu de vignes plantées en grand cru et en premier cru à Vertus, Mesnil-surOger, Avrize, Cramant et Chouilly. Un assemblage plus élégant, plus fin, plus précis et pour lequel, finalement nous avons conservé le même dosage. Mais avant de choisir la liqueur, nous avons réalisé de multiples essais. »

A l’arrivée, l’objectif est atteint avec un blanc de blancs extra brut. Un vin d’apéritif qui s’apprécie également au cours du repas, particulièrement avec un poisson, mais que l’on peut également ouvrir le temps d’une dégustation-plaisir.

« Cette cuvée, conclut Christian Pechoutre, offre un vin délicat. C’est l’expression d’un champagne qu’on va pouvoir partager… » A condition toutefois de ne pas trop attendre puisque cette cuvée se limite à 15.000 bouteilles !

Ci-dessous : Le vin est différent et l’habillage aussi. La nouvelle cuvée à droite livre de nombreuses informations, des terroirs d’origine des raisins jusqu’à la date du dégorgement.