Pascal Verhaeghe du Château du Cèdre vient de terminer ses vendanges. Le nouveau président de l’interprofession des vins de Cahors, en attendant d’accoucher ce beau millésime, devrait faire naître un nouveau dialogue en malbec majeur pour faire progresser encore le vignoble.

Chez les Verhaeghe, les vendanges sont terminées comme dans tout le vignoble de Cahors « et ça fermente dans tous les chais, ironise Pascal. Ce sera un beau millésime d’une grande finesse avec des équilibres sur la fraîcheur. Pas le très grand millésime que l’on aurait pu espérer après les quelques pluies de début août (car il a plu à nouveau en septembre) mais il est comparable à 2012 avec plus de charme et des volumes à 40 hl/ha, dans la moyenne donc, ce qui fera du bien au vignoble ». Pascal aux vinifications et à la commercialisation, Jean-Marc à la vigne, les frères Verhaeghe, ont pris la suite de leur père il y a un peu plus de 25 ans. Ils ont fait du château du Cèdre (l’arbre centenaire trône à l’entrée du domaine) l’un des fers de lance de l’appellation avec depuis 1995, une extension en négoce, en collaboration avec des vignerons-partenaires suivis de la vigne au chai. Le vignoble est conduit en bio depuis le début des années 90, certifié depuis 2012, et « on suit des principes de biodynamie, mais pas à la lettre et par pour tout » précise Pascal Verhaeghe.

Déclasser les vins qui n’ont pas le niveau

Ce passionné de terroir a formé et conseillé de nombreux viticulteurs des environs, avec patience et diplomatie mais toujours avec des convictions. Ce qui lui a valu une aura indéniable dans le vignoble cadurcien, digne d’un gourou. Fort d’une belle humilité et d’un grand sourire timide, il n’aimerait guère la comparaison mais c’est bien ce charisme doublé de gentillesse qui l’ont fait élire à l’unanimité président d’une Interprofession dans l’impasse depuis plusieurs mois. Il est à l’initiative de la charte qualité du vignoble qu’il a présidée pendant 10 ans et entend poursuivre le travail qualitatif et marketing autour du malbec, cépage roi de l’AOC. « Mais en remettant tout le monde calmement autour de la table pour aboutir à un vrai projet collectif à cinq ans. L’image de Cahors s’est beaucoup améliorée ces dernières années mais il faut encore augmenter la qualité globale des vins et ne pas hésiter à déclasser ceux qui n’ont pas le niveau en IGP Côtes du Lot. Ces vins plus techniques correspondent aussi à une demande de bouteilles faciles à boire ». Ces dernières années, les vins de Cahors, à l’instar de ceux des Verhaeghe, se sont orientés vers des tanins plus harmonieux sans surmaturation ni surboisage, « sur la buvabilité et la fraîcheur, insiste Pascal Verhaeghe. Une tendance qui se généralise, hormis chez quelques rares œnologues-conseils encore vieille école. Tant mieux car la survie de Cahors en dépend ».