La cave coopérative de L’Ormarine commercialisait, ce jeudi 22 juin, un blanc AOP Picpoul de Pinet sans sulfites ajoutés : « L’Esprit Libre ». Une première pour cette appellation de blancs répondant à une demande croissante des consommateurs.

Un vin sans soufre ajouté. Un vin d’été pour une consommation sans céphalée (à condition qu’elle soit modérée…), bien nommé « L’Esprit Libre » et conservant le profil aromatique de la famille des AOP Picpoul de Pinet. C’est la nouvelle prouesse technologique de la cave coopérative de L’Ormarine qui commercialise ce jeudi 22 juin, 40 000 bouteilles (au prix public de 8 €) provenant d’une cuve de 320 hectolitres. Un banc d’essai pour ce premier Picpoul destiné au réseau traditionnel (cavistes, restaurants), revendiquant sur l’étiquette la dénomination « sans sulfites ajoutés ». Les vins en contiennent naturellement et les viticulteurs en rajoutent (ou pas) des doses à discrétion, dans les limites imposées par la réglementation européenne : 210 mg/litre pour les vins blancs et rosés, 160 mg pour les rouges. Depuis 2005, l’étiquetage en est obligatoire quand la teneur en soufre dépasse les 10 mg/litre, via les mentions « contient des sulfites » ou « contient du SO2 ».

Piquepoul, un cépage sujet à l’oxydation

« Faire un blanc sans sulfites sur un cépage Piquepoul réputé fragile, c’est beaucoup plus technique qu’un rouge, les blancs étant moins protégés de l’oxydation par les polyphénols », explique Philippe Cros, œnologue conseil pour la cave de l’Ormarine. En effet, le dioxyde de soufre (SO2) est largement utilisé au cours de la vinification pour stabiliser le vin, en empêchant notamment le développement de bactéries. Cette cuvée « L’Esprit Libre » aura donc bénéficié d’un traitement à part, dès la vendange et tout au long de la vinification. « Nous avons isolé les parcelles les plus qualitatives pour avoir une vendange la plus saine possible d’un point de vue sanitaire, précise Philippe Cros. En cave, nous avons travaillé sous protection maximale, pour éviter tout contact avec l’air au cours des différentes étapes de transfert du vin puis du raisin. »

Car le défi consistait aussi à produire un Picpoul gardant le profil aromatique des vins AOP Picpoul. C’est chose faite, même si cette première cuvée « L’Esprit libre » a un peu troqué sa couleur traditionnelle : de jaune paille aux reflets verts, elle tire vers l’or, signe d’une légère oxydation. Mais les vins expriment bien ce qu’un amateur d’huîtres attend du Picpoul de Pinet : beau nez plein de fraîcheur, vivacité en bouche, petite pointe d’acidité laissant une bouche nette et légère.

« C’est une cuvée éducative. C’est un un premier essai grandeur nature, l’an prochain nous allons travailler sur l’amélioration de cette couleur un peu trop marquée, assure Cyril Payon, directeur de la cave coopérative de l’Ormarine, qui conclut : « Nous nous devons d’avoir des objectifs innovants. Notre a franchi une nouvelle étape en obtenant, en décembre 2016, la norme IFS garantissant au consommateur une sécurité alimentaire. « L’Esprit libre » s’inscrit dans cette démarche tout en apportant une réponse à la demande du marché. »