A l’occasion de la dégustation du Grand Cercle des vins de Bordeaux, qui réunit 188 châteaux de la rive droite et de la rive gauche, Alain Raynaud, président de l’association, nous a livré son regard sur cette Semaine des Primeurs.

Dans l’enceinte magnifique du Palais de la Bourse (qui accueille chaque année, au mois de décembre, l’événement Bordeaux Tasting organisé par « Terre de Vins »), les dégustateurs professionnels slaloment entre les tables. Journalistes, acheteurs du monde entier ou vignerons d’autres régions venus « en amis », comme Pierre Jéquier du Mas Foulaquier (Pic Saint-Loup), déambulent sont là pour déguster les quelque 188 vins présentés dans le cadre du Grand Cercle des vins de Bordeaux, l’association qui, depuis un an, réunit le Cercle Rive Droite et le Cercle Rive Gauche.

Alain Raynaud, le président du Grand Cercle, constate que « pour l’instant, l’ambiance de cette Semaine des Primeurs est plutôt calme un peu partout. Avec tout ce qui a été dit de négatif sur ce 2013, forcément, cela n’a pas créé un terrible engouement. C’est déplorable de condamner ainsi un millésime par avance. J’avais suggéré à Olivier Bernard, à la tête de l’Union des Grands Crus, de décaler d’un mois la Semaine des Primeurs, cette année, pour permettre aux viticulteurs de présenter des vins plus « aboutis ». Pour permettre à ce millésime de mieux se défendre. Cela ne s’est pas fait, tant pis. Mais nous avons tout de même voulu organiser cette belle dégustation, dans ce lieu magnifique ».

Le prix du tonneau est passé de 950 à 1400 €

Difficile, lorsqu’on est président du Grand Cercle, de dire qui a le mieux tiré son épingle du jeu en 2013 – la rive droite ou la rive gauche ? Alain Raynaud met tout le monde d’accord : « toutes les propriétés qui ont des terroirs plutôt chauds, ou une majorité de cépages précoces, s’en sont mieux tirées. C’était difficile sur les cépages tardifs, les terres froides. Ce qui est cruel sur ce millésime, c’est que la combinaison des intempéries et des maladies a eu une incidence à la fois sur la qualité et la quantité. Il faut donc saluer tous les vignerons qui ont travaillé dur pour produire du bon vin ». S’il concède que 2013 n’est évidemment pas une année pour « augmenter les prix », Alain Raynaud souligne que « ce sont les petits bordeaux, qui approvisionnent les grandes marques, qui ont augmenté leur prix cette année : le tonneau est passé de 950 € à 1400 € en un an ! » Un pan du business bordelais dont on ne parle pas beaucoup en cette Semaine des Primeurs…

Mathieu Doumenge