Ce week-end ontété mis en marché quelques-uns des fleurons des Établissements Jean-Pierre Moueix, notamment Château Bélair-Monange, 1er Grand Cru Classé de Saint-Émilion, et Château La Fleur Pétrus, l’une des références de Pomerol. Découvrez les notes et commentaires de Terre de Vins en exclusivité.

La famille Moueix, grand nom de la rive droite de Bordeaux, n’est plus à présenter. Parmi ses branches, intéressons-nous à celle de Christian Moueix et son fils Edouard, qui pilotent les Établissements Jean-Pierre Moueix, vénérable maison comptant quelques très belles propriétés du Libournais dans son portefeuille. Plusieurs de ces propriétés – pas toutes – ont mis en marché ce week-end leur millésime 2019.

Château La Fleur Pétrus (Pomerol) sort au prix indicatif consommateur de 161 € HT, Château Bélair-Monange (1er Grand Cru Classé de Saint-Émilion) de 117,60 € HT, Clos La Madeleine (Grand Cru Classé de Saint-Émilion) à 47,60 € HT. Quelques étiquettes prestigieuses comme Château Trotanoy (Pomerol) n’ont pas encore été mises en marché. En revanche, d’autres vins distribués par les Établissements Jean-Pierre Moueix sont sortis, comme Château Certan de May, fort beau vin en 2019 à Pomerol (92,40 € HT), Château Latour à Pomerol (63 € HT), Château Lafleur-Gazin (29,40 € HT), Château Lagrange à Pomerol (25,90 € HT), Château Bourgneuf (39,20 €) ou encore un Grand Cru Classé de Saint-Émilion distingué par la rédaction de Terre de Vins comme l’une des très belles réussites du millésime et certainement l’un des achats primeurs à ne pas manquer : Château La Serre (44,10 € HT).

Nous avons demandé à Edouard Moueix quel vin, de la Fleur Petrus (Pomerol) ou Bélair-Monange (1er grand cru classé de Saint-Emilion), tire son épingle du jeu en 2019 ?
“Dans ce climat variable, les deux, mais pour des raisons différentes, répond Edouard Moueix. Le vignoble de Bélair-Monange n’est pas gélif, et nous avons protégé avec des ventilateurs et des bougies nos vignobles de Pomerol. Au moment de la fleur, les merlots ayant coulé, nous avions sur l’ensemble de nos vignobles une récolte plus petite que 2018, surtout à Pomerol. Quant à l’été, au Château Bélair-Monange, le sous-sol calcaire, agissant comme une éponge, a permis à la vigne de ne pas souffrir de la période sèche, tout en drainant les excès d’eau lors des différents orages grâce aux pentes importantes. Le vin est très élégant et complexe, avec une belle tension accompagnant toute la dégustation. A Pomerol, le Château La Fleur-Pétrus a profité pleinement de son sol de graves argileuses, emmagasinant le soleil et la chaleur du début d’été, et drainant les excès de pluie. Les vins sont beaucoup plus puissants et profonds, avec des notes dominantes de fruits noirs. La pluie du 26 juillet nous a sauvés d’un stress trop important. Pour le millésime dans son ensemble, les vins affichent des pH et des acidités élevés, et des tanins mûrs et ronds, mais bien présents. Nous sommes de toute évidence devant un millésime de grande garde. Après le combat stylistique 2009/2010 et 2015/2016, nous avons aujourd’hui un nouveau combat 2018/2019 !” (Propos recueillis par Laura Bernaulte)

EXCLUSIF – notes et commentaires de Terre de Vins
Établissements Jean-Pierre Moueix

Château La Fleur Pétrus – Pomerol
96-97

92% merlot, 5% cabernet franc, 3% petit verdot.
Nez fin et dense, chaleureux et élégant, évoquant la pierre chaude et le pin maritime. De l’intensité mais de la fraîcheur, nous sommes en présence d’un profil solaire, légèrement pâtissier, mais doté d’une belle allure. Beau toucher de bouche, texture suave et caressante, concentration maîtrisée, masse tannique imposante mais très élégante. C’est un vin charnu et dense, à la puissance sous-jacente, construit sur l’élégance.

Château Trotanoy – Pomerol
97-98

100% merlot sur terroir de graves argileuses, argiles noirs et crasse de fer. Un nez sensuel, séduisant, en dentelle, intense et parfumé, délivrant un patchwork aromatique où l’encens se devine. La bouche est élancée et tendue, bâtie sur une architecture très précise. Ce n’est pas un vin qui explose mais qui se détaille, comme un costume sur mesure. Fruit net, tanins racés, belle trame acide, beaucoup d’allonge et d’allure, une touche d’austérité qui promet une longue garde. On est bien dans l’univers de Trotanoy, un cru qui “se mérite” mais exprimera tout son potentiel avec le temps.

Château Bélair-Monange – Premier Grand Cru Classé – Saint-Émilion
97

98% merlot, 2% cabernet franc.
Dès le premier nez, verticalité et pureté aromatique s’imposent. Une fraîcheur calcaire et des notes florales viennent nuancer un fruit mûr et plein. Notes d’eucalyptus et de résine de pin. La bouche et énergique, vibrante, juteuse, dotée d’une belle tension. La matière est mûre et soyeuse mais propulsée par un terroir imparable. Très jolie définition de tanins, la trame acide tient le vin, l’ensemble est à la fois puissant et précis. Il est lui aussi promis à une très longue garde.

Château Hosanna – Pomerol
94-95

Profondeur et intensité signent un nez pomerolesque à souhait. Un fruit noir riche et plein s’annonce, avec une certaine gourmandise. Bouche crémeuse, sans aucune aspérité, sphérique et enrobante. C’est un vin généreux et réconfortant, ponctué par de fines notes toastées.

Nos autres notes :
Château La Serre – Grand Cru Classé – Saint-Émilion : 94-95 (voir dans note magazine)
Clos Saint-Martin – Grand Cru Classé – Saint-Émilion : 91-92
Château Lagrange à Pomerol – Pomerol : 91
Château Lafleur-Gazin – Pomerol : 91-92
Chateau La Grave – Pomerol : 90
Château Bourgneuf – Pomerol : 93-94 (voir dans note magazine)
Château Latour à Pomerol : 92
Château Certan de May : 95 (voir dans note magazine)

Retrouvez à partir de cette semaine dans les kiosques le dossier Primeurs dans le numéro collector de Terre de Vins. 400 vins du millésime 2019 dégustés en exclusivité.