Si le Haut-Brion 2012 devrait surprendre, Jean-Philippe Delmas, le directeur général, a aussi présenté cette semaine son premier « vrai » millésime de Saint-Emilion : celui de Quintus.

Pour Jean-Philippe Delmas, le directeur général de Haut-Brion, 1er cru grand classé de 1855 et leader des crus classés de Graves, cette semaine des primeurs s’est jouée à Pessac bien sûr, mais aussi à St-Emilion. Avec la présentation de son premier véritable millésime du château Quintus, racheté en juin 2011. Interview.

Quel est votre sentiment sur cette campagne de dégustation ?

En ce qui concerne la fréquentation, je dirai que l’Asie a été moins présente. En revanche, nous avons eu beaucoup plus de gens en provenance des pays de l’est que l’année dernière. Nous avons accueilli des Russes, des Polonais, des Hongrois, des Slovènes… Jusque là, nous n’avions pas l’habitude de voir ces pays en primeurs. La plupart ont signé-là leur première expérience des primeurs. Comme pour le ski ou le vélo, il y a un début à tout.

Que peut-on dire du Haut-Brion 2012 ?

On va être un peu part dans le millésime. D’abord, parce que par rapport à la rive gauche on a un pourcentage de merlot très important. Ensuite parce qu’on a des degrés alcool plus importants, ce qui est plutôt rare dans le millésime. On a un vin qui étonne parce qu’on n’attend pas une telle densité et une telle maturité dans un millésime pas facile. On va donc remercier les terroirs précoces de Haut-Brion et de la Mission Haut-Brion. Nous avons donc des grands vins qui sont autour de 15°. Au final, nous sommes contents.

Un premier cru classé de 1855 comme Haut-Brion est-il concerné par la question des prix ?

Bien sûr. A Haut-Brion, on se pose la question des prix chaque année, que ce soit à la hausse ou à la baisse. On sera attentif, car il y a aussi une ambiance économique générale. Mais à Bordeaux, ce n’est pas nouveau que des millésimes meilleurs que les précédents se vendent moins chers. A priori, tout Bordeaux devrait faire un effort sur le 2012 par rapport au 2011 et Haut-Brion n’échappera pas à la règle.

2012, c’est aussi votre premier « vrai » millésime pour le château Quintus à Saint-Emilion. Que peut-on en dire ?

A Saint-Emilion, nous sommes des nouveaux venus. On fait profil bas. On découvre un écosystème, on l’apprend. On a une gestion particulière, on fait du vin de Saint-Emilion à la mode Haut-Brion. Mais 2012 est plus réussi que 2011 parce qu’on a eu un contrôle complet du cycle. Pour le précédent, comme nous avions acheté la propriété fin juin 2011, nous avions pris le bébé en cours de route… Le 2012 est beaucoup plus dense, plus serré, plus profond que le 2011. C’est un premier pas dont nous sommes fiers. Mais encore une fois, on prend notre temps et on espère un jour être considéré comme un grand.

Propos recueillis par Jefferson Desport