(photos DR et F. Hermine)
(photos DR et F. Hermine)

Les Vignobles de Berne, quatre domaines, un millier d’hectares dont 300 de vignes, misent sur l’œnotourisme à offres multiples avec un programme ambitieux d’aménagement du territoire.

Le château de Berne n’en finit pas de s’étendre et se métamorphoser en un luxueux complexe hôtelier. Avec un nouveau directeur général, Sébastien Latz, cet ensemble, membre de la prestigieuse famille des Relais & Châteaux, entend prendre une nouvelle dimension. Il bénéficie désormais d’un spa de 800 m2 relié à l’hôtel par un tunnel. Environ 4000 m2 de bâtiments ont été réaménagés ainsi que 4 ha de jardins sur un total de 500 ha entre garrigues et oliviers dont 130 ha de vignes (environ 750 000 bouteilles par an). De multiples activités sont d’ailleurs organisées autour du vin (visites commentées des chais, ateliers de dégustations, d’assemblage, parcours dans le vignoble, participation aux vendanges…). A côté du restaurant gastronomique étoilé confié il y a deux ans à Benjamin Collombat, le bistrot d’été s’est mu en un restaurant-brasserie-pizzeria à part entière, autour de la terrasse ou de la cheminée avec menus de saison, élaborés notamment à partir du potager du domaine. A l’étude, la reconstruction complète des chais et du caveau. Après Berne en 2007, Mark Dixon, l’homme d’affaires britannique a racheté trois autres domaines, Les Bertrands (200 ha dont 77 de vignes), Saint-Roux (120 ha dont 40 de vignes) et Les Launes rebaptisé Ultimate Provence (70 ha dont 45 de vignes). De quoi répondre à différents niveaux à des offres œnotouristiques complètes.

Œnotourisme pour tous

Le château Saint-Roux, racheté en 2015 et entièrement rémanéagé, ouvrira en avril une douzaine de gîtes et chambres d’hôtes dans le cadre d’une ferme 1900 avec un potager bio d’un ha, une chèvrerie, une ferme animalière, un marché bio le dimanche, une table d’hôtes pour faire découvrir les produits du terroir. Elle devrait être labellisée ferme-auberge en offrant au moins 51% des produits issus de la propriété, vins compris, « et ce sera plutôt 80% » précise Sébastien Latz.

A Ultimate Provence, au pied de la Montagne des Anges, « on a choisi un cadre plus jeune et plus festif qui colle davantage à nos consommateurs, plutôt urbains et millenials, » précise Thomas De Lagarde, directeur Vins des Vignobles. Le caveau a été réaménagé façon Mama Shelter avec un espace restauration type brasserie et il y est prévu un programme étoffé de festivités, concerts, et événements (environ 80 par an) notamment dans un « amphi-palettes » pour 150-200 personnes avec écran géant où seront notamment rediffusés les matchs de foot. Une compétition de drones est en réflexion. Il y est également prévu un hôtel de 35 chambres hautes en couleurs dont une vingtaine devraient ouvrir à l’automne.

Sur la palette des rosés

Cet ambitieux programme œnotouristique (déjà 300 000 visiteurs à Berne en 2017 dont la moitié venant de l’étranger) se veut « un véritable développement global d’un territoire qui s’accompagne d’une refonte de la gamme pour accompagner la premiumisation, explique Sébastien Latz. Demain, nous aurons une offre complète de rosés et différents cadres pour les apprécier ». Les Vignobles de Berne représentent au total près d’un millier d’hectares dont plus de 300 de vignes, déjà certifiées en HVE (Haute Valeur Environnementale) et désormais en conversion bio. La production, suivie avec précision par l’œnologue Alexis Cornu, avoisine les 4,5 M de bouteilles, à majorité en AOC Côtes-de-Provence (à 90% rosé), complétés par l’IGP Méditerranée (sur 35 ha). La part des rouges devrait légèrement augmenter aux Launes et à Saint Roux ; Berne où l’on en élaborait déjà quatre cuvées différentes a décidé d’arrêter sa collaboration avec Hubert de Boüard pour sa Grande Cuvée. Autres actualités, le changement d’étiquette et de bouteille pour le vaisseau amiral, allégée et un peu moins haute pour faciliter le rangement dans les rayons et qui permettra d’avoir des cartons moins lourds à expédier. Up lance ses grands formats magnums et jéroboams sans surcoût tarifaire (le magnum sera deux fois le prix de la 75, à 25€). Les deux domaines devraient également lancer pour cet été, en édition très limitée, une cuvée de rosé effervescent en méthode « provençale ». Histoire de fêter toutes les nouvelles installations…

www.chateauberne.com