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Les vendanges s’achèvent au Château Cos d’Estournel. En ce mythique Grand Cru Classé 1855 de Saint-Estèphe, ce millésime 2022 rappelle que le métier de vigneron est un sport de combat. Michel Reybier et Dominique Arangoïts, respectivement propriétaire et directeur ​technique, font le bilan de cette année si particulière.

Vous évoquez un millésime 2022 hors norme, quelles furent les grandes étapes climatologiques de cette année passée ?

MR et DA : Dès l’hiver passé, la chaleur et la sécheresse donnent le ton, installant la précocité du millésime avec un débourrement homogène vers le 24 mars, et une très belle floraison autour du 16 mai. Trois vagues de chaleur caniculaire se succèdent ensuite entre juin et août. Malgré quelques craintes d’un stress hydrique trop fort, les quelques pluies fin juin, les réserves d’eau de nos argiles profondes et la capacité de nos vieilles vignes à y puiser ont permis de relever le défi de ces conditions extrêmes. Malgré des températures parfois supérieures à 40 degrés, les nuits sont restées relativement fraîches avec des températures inférieures à 20 degrés. Les vents de nord combinés à la fraîcheur de l’océan peuvent en partie expliquer ces températures nocturnes qui ont beaucoup aidé la vigne à récupérer. L’effet de l’océan et la proximité de la Gironde auront été une nouvelle fois précieux pour tempérer ces excès.

Comment s’est déroulées les vendanges ? A ce sujet, vous avez choisi de mettre en avant la fidélité des équipes…

MR et DA : Elles ont débuté le 7 septembre – comme en 1989 – avec 10 jours d’avance sur 2021, et se sont terminées le 23 septembre. Les fenêtres de dates pour la cueillette étaient particulièrement étroites en raison de la chaleur pendant les vendanges à l’origine d’une concentration rapide des raisins, qu’il a fallu surveiller de près. Même si nous avons pris en compte tous les paramètres d’évaluation de la maturité, ce sont finalement la connaissance intime de nos parcelles et la dégustation des raisins qui ont permis de valider la date de début de vendanges. Cette année comme toutes les autres, la fidélité de nos vendangeurs a été un atout inestimable : les équipes, génération après génération, connaissent parfaitement notre terroir et notre façon de travailler, ce qui nous permet de travailler rapidement et avec souplesse mais sereinement.

En termes de qualité intrinsèque du vin, vers quel Cos d’Estournel 2022 se dirige-t-on ? Peut-on le rapprocher d’un millésime précédent ?

MR et DA : Il est encore tôt pour donner une indication précise sur la personnalité du millésime, mais on peut déjà tracer quelques comparaisons : la sécheresse précoce le rapproche du millésime 2005, et la chaleur extrême du millésime 2003, mais sans son caractère solaire, ce qui laisse présager quelque chose de grand…