Ce week-end s’est tenue la Fête de l’Huma, événement politique et culturel devenu au fil des ans un incontournable de la rentrée. Mais entre débats politiques et concerts, y a-t-il une place pour le vin ?

Elle semble loin la grande époque du parti communiste, celle où il était l’une des premières forces politiques de France. Pourtant, il est un événement qui a su survivre à travers vents et marées depuis sa création en 1930, c’est bien la Fête de l’Huma. Dès l’arrivée au parc Georges Valbon, l’atmosphère si particulière des lieux interpelle. Les revendications s’affichent partout, sur chaque stand des sections du PCF ou bien encore de la CGT et les débats sont nombreux tout au long de la journée avec des sujets très divers, sociaux et sociétaux notamment. Mais loin d’être austères, les allées respirent la bonne humeur… et les odeurs de nourriture diverses et variées. Car l’esprit festif passe évidemment par le partage d’un moment de convivialité et le visiteur d’un jour n’a que l’embarras du choix. Vous imaginiez des merguez-frites et de la bière un peu partout ? On en trouve, cela va de soi. Mais l’offre s’avère beaucoup plus intéressante car chaque section PCF du territoire (plus de 250 étaient représentées, locales, départementales ou nationales) tient ici un stand. Une occasion également de faire découvrir les spécialités locales, quiche lorraine, huîtres voire homard breton, et internationales sur les stands venus de Cuba, d’Irak, de Colombie ou bien encore de Madagascar. La vente de ces produits permet notamment de rembourser, au moins en partie, les frais engagés pour l’occasion.

Champagne de vigneron, vin de Moselle et de Bourgogne

A qui s’avère un peu curieux ou qui ne souhaite pas déguster un mojito, le choix de vins s’avère intéressant. Si les Bib de chez Uby ont été aperçus plusieurs fois, ce sont aussi et surtout des vins méticuleusement choisis qu’il nous a été donné de déguster. La section de Saône-et-Loire, bourguignonne jusqu’au bout, n’avait pas fait les choses à moitié en ouvrant un éphémère bar à vins, « chez Gaston ». Avec 6 références de vins locaux comme un Saint-Véran 2017 du domaine de Fontenay, un Givry 2017 de la famille Masse, fruité et désaltérant et même un très bon Montagny 1er cru « buissonnier » 2015 des vignerons de Buxy. Et un prix unique : 2,5€ le petit verre, 15€ la bouteille. Raisonnable ! Le stand de la CGT infocom / SIPC n’était pas en reste puisqu’ici aussi on affichait la volonté de proposer de bons produits aux visiteurs. Le cuisinier professionnel qui assurait la restauration avait lui-même choisi les vins proposés. D’où de belles surprises comme le Crozes-Hermitage « les entrecœurs » 2016 du domaine Mucyn à 3€ le verre. De bons crus qu’apprécient les militants comme Gilles et Linda qui ne manqueraient la Fête pour rien au monde depuis plus de 30 ans. Et d’expliquer, au stand de la section de l’Aube, qu’ils « sont ravis de pouvoir aussi célébrer ce week-end avec un verre de Champagne ». En l’occurrence, celui du vigneron Philippe Fontaine dont la cuvée (23€ la bouteille, 3€ le verre) accompagne bien la choucroute au champagne préparée ici. Gilles et Linda insistent aussi sur le fait que « la Fête, ce n’est pas un rassemblement de beaufs comme on le pense souvent. Nous aimons aussi nous faire plaisir en mangeant et en buvant bien ». Entre un concert de Bernard Lavilliers ou de Frantz Ferdinand, un débat sur l’évasion fiscale ou les migrants, l’intérêt de ce rassemblement populaire est aussi dans le verre avec des découvertes comme le très bon Bourgogne aligoté de chez Goisot ou du vin de Moselle encore relativement confidentiel.