Le monde des amateurs de champagnes d’exception va frétiller de plaisir avec cette sortie du nouveau millésime de Rare Champagne rosé. Un vin qui affirme pleinement le style de la maison et qui paraît bien parti pour défier le temps…

Peut-être plus discret que certains autres champagnes de prestige, Rare Champagne n’en est pas moins reconnu par les amoureux des belles bulles comme l’une des pépites de la région. Et si le premier millésime en blanc de Rare Champagne fut le très chaud 1976, il a fallu attendre 2007 pour que Régis Camus sorte sa première déclinaison en rosé. Avec ce tout nouveau 2012, ce n’est que le 3ème opus qui est proposé sur le marché, 2008 étant son prédécesseur. Si c’est aujourd’hui Emilien Boutillat qui préside en tant que chef de caves à la destinée des vins de Rare Champagne (ainsi que ceux de Piper-Heidsieck qui appartiennent au même groupe EPI), ce rosé 2012 a été ciselé par Régis. Et quelle bouteille ! Reconnaissable entre toutes avec sa tiare de métal pour fourreau, elle émerveille dès le premier nez. Difficile de résister à sa robe soutenue évoquant le quartz rose, dans la lignée de son grand frère le rosé 2008. En un instant, la complexité aromatique saisit l’âme en un tourbillon vibrant. D’abord des notes florales très élégantes où la rose joue les premiers rôles, puis un voyage dans les bois où se révèlent quelques fraises des bois avant que ne s’expriment de fines notes biscuitées. Et l’on perçoit immédiatement une grande fraîcheur de l’ensemble qui se confirme dans le verre. Dès l’attaque, la droiture du vin s’affirme et guide toute la dégustation. Se combinent une grande densité de matière à une vraie vivacité. Ample, tendu et ciselé, ce 2012 affirme son aristocratie dans la texture soyeuse de ses bulles. Des notes précises et sapides d’agrumes (orange sanguine) discrètement épicées (vanille) et presque pimentées titillent très longuement les papilles. La finale n’en finit pas de s’allonger. Et le plaisir évolue lorsque le verre se réchauffe lentement, révélant là encore davantage de complexité et une profondeur accrue.

Un « virtuose » aux nobles origines

Maud Rabin, la Directrice de Rare Champagne, et Emilien Boutillat qualifient ce rosé 2012 de « virtuose ». Un vin qui sait être terriblement séducteur aujourd’hui mais dont le potentiel « va se révéler au moins jusqu’en 2045 ». On n’ose imaginer l’émotion de dégustation lorsque ce vin, qui a passé près de 9 années sur lattes, aura pu se patiner une dizaine d’années supplémentaire en bouteille voire plus. Voilà ce qui caractérise la magie des belles origines. En l’occurrence ici, des raisins essentiellement en provenance de la montagne de Reims. Un assemblage à majorité de chardonnay (60%) e de pinot noir (40%) avec 8% de vin rouge. Celui-ci provient de parcelles spécifiques des Riceys où les vignes sont travaillées spécifiquement pour obtenir la meilleure qualité possible et une identité particulière. C’est elle qui donne notamment cette finale vineuse, un peu tannique. Les 2 crus historiques de Rare ont été sollicités, tant en chardonnay (Villers-Marmery) qu’en pinot noir (Verzy). De manière générale, les raisins proviennent essentiellement de premiers et grands crus, respectivement aussi de Vertus, Mesnil, Oger, Chouilly, Avize et d’Aÿ, Ambonnay, Verzenay et Villedommange. Côté dosage, bien malin celui qui pourrait déceler les 7g/l car l’équilibre et la tension ressentis feraient davantage pencher pour un extra-brut… Un équilibre souverain pour un grand moment de dégustation malheureusement pas à la portée de toutes les bourses puisque la bouteille présentée en coffret sera proposée à 420€. Le prix à débourser pour accéder à la magie de l’une des quelques milliers de bouteilles produites seulement.