©Institut rhodanien
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Avec une phénologie en avance de 10 jours par rapport à 2021, le millésime 2022 se rapproche de 2020 en terme de précocité. Mais stress et déficit hydriques font souffrir les vignes et risquent d’oblitérer une récolte prometteuse.

Voici un millésime qui s’annonce précoce en Vallée du Rhône sud. Les syrahs et les grenaches ont commencé leur véraison, annonçant des vendanges mi-août pour les blancs et fin août pour les secteurs et les cépages rouges les plus précoces. Toutefois, « la plupart des parcelles suivies sont en arrêt de croissance. Les premières feuilles à la base des rameaux sont tombées, réduisant la surface foliaire qui permettra de faire mûrir le raisin », annonce l’Institut Rhodanien basé à Orange.

Si la charge de raisins pouvait paraître importante à première vue, « elle s’avère moyenne car les vignes ont soif et les baies sont petites. Sur les parcelles les plus stressées, on constate que les baies ont une taille inférieure à la normale», explique Viviane Bécart, ingénieur agronome en charge des expertises viticulture pour l’organisme.

Stress et déficit hydriques

Les très fortes chaleurs actuelles font souffrir la végétation. Les jeunes parcelles en sols peu profonds commencent à craquer. « La grosse question est : est-ce qu’on aura encore des feuilles aux vendanges ? » s’interroge l’experte. La pérennité des vignes est en jeu, car la mortalité est possible face à ce cas de figure nouveau par son ampleur.

En effet, le déficit pluviométrique est record, si l’on considère la somme des précipitations entre la fin de l’année viticole précédente (estimée autour du 15 octobre 2021) jusqu’à début juillet. Sur la région il est tombé environ 250mm de pluie contre 400 et 700mm sur les 20 dernières années.

« Le déficit hydrique se creuse également. La différence entre la quantité d’eau reçue et la quantité d’eau transpirée par la végétation, est aujourd’hui équivalente à celui observé en août 2019 et 2020, deux années déjà très sèches. En comparaison des vingt dernières années, 2022 est une année record ».

Toujours selon l’Institut Rhodanien, « le sud du Gard rhodanien et du Vaucluse ainsi que la plaine du Comtat sont déjà touchés par un déficit hydrique sévère. Grâce à des températures plus fraîches et des pluies légèrement plus abondantes lors du dernier épisode pluvieux (en juin), les reliefs de part et d’autre du Rhône affichent eux un déficit hydrique moins sévère mais toutefois fortement négatif ».

Pas de maladies

Seul point positif, le manque de pluie a eu pour effet d’éviter les maladies et donc les traitements au soufre principalement. Il n’y a donc pas de risques sanitaires.