Avec Jean-Louis Aubert et Louis Bertignac, ses anciens partenaires de Téléphone (désormais baptisés Les Insus), le batteur Richard Kolinka remplit les salles et les stades. Il trouve aussi le temps de parler du vin en toute simplicité.

Le temps d’une journée, Richard Kolinka s’est posé à Châteauneuf-du-Pape. Il était l’hôte de Laurent Bréchet, vigneron au Château de Vaudieu où l’attendait un rôle de juré dans le cadre du concours d’accord mets et vins baptisé « Les rencontres gourmandes de Vaudieu ». Une édition d’hiver remportée par Yann Tanneau, chef du restaurant « Madam » à Grenoble avec son dessert Crémeux chocolat Valrhona, émulsion passion, gelée aux épices qui se mariait avec la cuvée Val de Dieu 2012 du Château de Vaudieu. Le cuisinier isérois rejoint Mathieu Desmarest, chef de l’Hôtel d’Europe (Avignon) en finale. Le troisième candidat au titre 2017 sera connu fin mars…

Aussi curieux que gourmand, Richard Kolinka, le batteur historique du groupe Téléphone et aujourd’hui du trio Les Insus, a découvert l’ambiance chaleureuse et studieuse de ce concours qui réunit trois jeunes talents de la cuisine pour une sélection trimestrielle. Il a également accepté de parler du vin. « J’aime le vin, le vin m’a accompagné et cela fait des années qu’il m’accompagne et qu’il me réchauffe et me fait dire aussi n’importe quoi quand j’en bois trop », avoue-t-il dans un éclat de rire.

Tant de travail derrière le verre ou le concert

S’il reconnaît ne pas succomber au caractère d’un vignoble particulier – « en fait, j’aime tous les vins » – le musicien avoue cependant une préférence pour le vin rouge, « pour la chaleur et ce qu’il exprime. Je ne suis pas un spécialiste, j’apprécie, c’est tout. J’aime et je pense que toutes les régions ont de bons vins ».

Au cours de la visite et après les explications fournies dans la cave, Richard Kolinka a retenu un fait essentiel qu’il transforme en hommage. « Nous on est là, on boit, mais cela représente tellement de travail. C’est comme quand les gens viennent nous voir, ils voient le résultat mais derrière, il y a tellement de gens qui ont travaillé. Moi, j’essaie de faire passer un bon moment aux gens qui viennent nous voir jouer et le type qui fait le vin, c’est pareil, il va donner toutes ses journées pour nous offrir un breuvage qui va nous envoyer en l’air ! »
Il trouve aussi à ces deux univers un dénominateur commun. « On ne peut pas faire de bon vin sans avoir la passion et on ne peut pas faire de bonne musique sans avoir la passion. »

Les bons conseils de Roman, son fils restaurateur

Avec beaucoup d’humilité, le célèbre batteur reconnaît son manque de culture et de repères en matière de vin. Mais il est certain d’une chose, « il y a des questions de moment. Il y a des fois, je vais préférer tel vin et puis à un moment tel autre. Tout va dépendre de l’heure à laquelle je bois le vin et du mets qu’il va accompagner. C’est comme quand vous allez voir une exposition, vous allez voir plein de tableaux, certains vont vous toucher tout particulièrement et puis à un autre moment ce sera d’autres. »

Dans sa cave, modeste, les vins viennent d’un peu partout. « Je navigue, j’explore, j’achète un peu au pif ! Des fois j’ai des bonnes surprises et des fois des mauvaises… »
Voilà pourquoi il laisse le soin à son fils Roman, propriétaire du restaurant « La famille » à Uzès, de le guider. « Il est vraiment passionné de vin et c’est lui qui me donne des conseils, plutôt que l’inverse. Moi, je ne fais que boire, avec modération ! »