La syndicat viticole de Saint-Estèphe organisait hier, à Bordeaux, une dégustation du millésime 2011, qui sera à l’honneur dans “Terre de Vins” n°27 (janvier). Retour sur ce millésime difficile où certains châteaux ont su tirer leur épingle du jeu.

La dégustation avait lieu hier au Café Maritime, établissement proche des Bassins à Flots à Bordeaux. Trente-sept propriétés de l’appellation Saint-Estèphe faisaient déguster leur millésime 2011 à des invités professionnels (restaurateurs, cavistes, négociants, journalistes). L’occasion de faire redécouvrir toutes les nuances de ce millésime quelque peu “mal apprécié” après le double engouement de 2009 et 2010 : “ce millésime 2011, qui est disponible à la vente, est représentatif de ce que l’on sait faire sur un millésime moyennement coté”, souligne Christophe Anney, propriétaire du château Tour des Termes et figure de proue de ces dégustations organisée pour la deuxième fois par le syndicat viticole de Saint-Estèphe. Un événement qui devrait se pérenniser, puisque cette deuxième édition aura attiré plus de visiteurs que celle du 2010, un millésime au pedigree pourtant plus flatteur.

“L’idée de cette dégustation est d’être fédérateur, de montrer tous ensemble que nous sommes l’appellation la plus équilibrée du Médoc, avec des grands crus classés, des crus bourgeois, des vins non classés, poursuit Christophe Anney… 99% des propriétés sont représentées aujourd’hui. Nous sommes une appellation à taille humaine, plus diversifiée que nos voisins de Saint-Julien et Pauillac. Cela nous donne, je pense, une belle carte à jouer”.

Parmi les stars incontournables de l’appellation, on retrouve bien entendu les deux Cos, Château Cos d’Estournel et Château Cos Labory, qui présentent deux profils bien distincts. Le premier tout en puissance, en densité, le second plutôt sur la retenue, la finesse. Géraldine Santier, qui fait déguster le second grand cru classé Cos d’Estournel, ne manque pas de rappeler que la principale difficulté de ce 2011 s’est logée dans “les conditions climatiques difficiles de la fin d’été, et l’épisode de grêle de début septembre qui ont obligé à avancer les vendanges”. Des vendanges précoces qui donnent “un millésime de plaisir, à boire avant 2009 et 2010”, complète Bernard Audoy, directeur de Cos Labory.

Haut-Marbuzet, Phélan-Ségur, Calon-Ségur et… Petit Bocq

Parmi les autres “stars” de l’appellation, on retrouve bien entendu Lafon-Rochet, Haut-Marbuzet (que nous avons également eu le plaisir de déguster sur un millésime plus ancien, le 2004, un modèle d’élégance…) ou encore Phélan-Ségur, dont la dynamique directrice, Véronique Dausse, nous fait partager sans détour ses frayeurs sur le millésime : “on s’est fait très peur en 2011, entre les grosses chaleurs et la grêle. Non seulement il a fallu une récolte anticipée sur quelques parcelles, mais au même moment nous changions la réception des vendanges et la cuverie à la propriété. Malgré tout nous sommes contents du résultat, nous sommes dans le style des 2011”.

A signaler parmi les belles surprises : une valeur montante comme le château Petit Bocq, un vin riche, “baroque”, et bien sûr le grand cru classé Calon-Ségur, qui connait actuellement une mutation en profondeur – voire, une révolution – suite à son changement de propriétaire en 2012. Le tout piloté par le nouveau directeur Laurent Dufau et la dynamique Sophie Marc, qui annonce deux heures seulement après le début de la dégustation être arrivée “à court de vin”. Signe indéniable d’un regain de curiosité pour Calon, un château qui ne va pas manquer de faire l’actualité dans les mois à venir.

En attendant, et en complément de cette dégustation, nous vous invitons à découvrir notre palmarès Saint-Estèphe 2011 dans “Terre de Vins” n°27, qui sortira début janvier. Une dégustation ouverte au public sera organisée en février au Grand Hôtel Bordeaux & Spa, dont les billets seront déjà mis en vente.

M.D.